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LA PLANÈTE DES SINGES L’AFFRONTEMENT : la guerre est déclarée

la planète des singes - l'affrontement - affiche du film - go with the blog

On avait un peu flippé et pas mal soufflé de dépit quand on nous avait annoncé en 2011 la sortie d’un prequel à la mythique PLANÈTE DES SINGES. Roman de science-fiction de Pierre Boulle à l’origine, publié en 1963, LA PLANÈTE DES SINGES a connu une adaptation au cinéma dès 1968 avec l’inoubliable Charlton Heston. S’en étaient suivies plusieurs suites de qualité très inégale, puis une série télévisée, et enfin un remake de Tim Burton en 2001 dont on se demande encore ce qu’il a bien pu se passer dans la tête du réalisateur américain pour accoucher d’un film si bas de gamme.

À la surprise générale – il faut bien le reconnaître -, on avait finalement été hyper emballé par LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES en 2011, réalisé par le britannique Rupert Wyatt (pas vraiment de grandes réalisations à son actif auparavant). Il y embarquait alors un James Franco hyper convaincant en scientifique paternaliste, et surtout offrait sur un plateau d’argent une nouvelle opportunité au comédien Andy Serkis pour montrer à la face du monde son talent exceptionnel, en lui confiant le rôle du singe Caesar. Andy Serkis, passé maître absolu de la motion capture*  depuis son interprétation de Gollum dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX et la trilogie LE HOBBIT, s’installe au cœur de l’intrigue de LA PLANÈTE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT, où le personnage de Caesar est clairement le point de ramification de tous les thèmes abordés ici.

Exit donc James Franco et Freida Pinto qui tenaient les rôles principaux dans LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES. Pour ce deuxième volet de la trilogie prequel (ça va, vous suivez ?!), on a affaire à un casting entièrement nouveau, sans stars hollywoodiennes (Gary Oldman est certes présent au casting, mais pour un second rôle).
Il faut dire que LA PLANÈTE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT se focalise d’abord sur la communauté formée par les singes : dix ans après s’être émancipés de leur condition de captifs et de primates de laboratoires, les singes se sont constitués en une communauté évoluée, à l’abri de tous dans la vaste forêt qui fait face à la ville de San Francisco. Pendant ce temps, l’espèce humaine a été dévastée par un terrible virus mondial, qui a laissé peu de survivants. Lorsqu’un groupe d’humains s’aventure dans la forêt à la recherche d’une source d’eau pour y construire un barrage électrique, ils y découvrent, stupéfaits, la présence des singes. Caesar et les siens y voient alors une menace pour leur population.

La Planète des singes : l'affrontement - images du film - Go with the Blog

Le film, réalisé cette fois par Matt Reeves (connu surtout pour CLOVERFIELD au cinéma, et la série FELICITY à la TV), s’ouvre sur une vingtaine de minutes en totale immersion au sein de la communauté conduite par Caesar : d’une réussite visuelle épatante, cette entrée en matière permet au spectateur d’adhérer complètement à cette communauté et à son organisation.

Surtout, tous les personnages des singes ont été travaillés avec une minutie impressionnante ! D’un réalisme saisissant, repoussant encore un peu plus loin le travail de performance capture réalisé avec les comédiens qui interprètent les singes, LA PLANÈTE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT replace le travail des comédiens au cœur du blockbuster, défiant ainsi clairement ses concurrents cette année sur ce sujet. Il est finalement plutôt ironique de constater que les meilleurs personnages d’un blockbuster, les plus riches en terme d’émotions et de densité psychologique, sont des singes et non des personnages humains !
La roue semble tourner en faveur des acteurs qui pratiquent la performance capture. Et évidemment, le premier d’entre tous, Andy Serkis, époustouflant, donne corps et âme à un personnage de Caesar au centre de toutes les attentions, et surtout au cœur de l’ensemble de l’intrigue.

LA PLANÈTE DES SINGES - image du film - Go with the Blog

Là où LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES s’orientait comme un film scientifique et à forte valeur écologique (les expérimentations sur les animaux en laboratoires focalisaient une bonne partie de l’histoire), LA PLANÈTE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT questionne ici le genre humain, et surtout les rapports de force, le pouvoir, le leadership. Ce qui est intéressant avec LA PLANÈTE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT, c’est que ces sujets sont abordés à la fois du côté des humains et surtout du côté de singes.

Cependant, le film de Matt Reeves fait le choix de prendre clairement parti pour les primates. L’homme est ici l’ennemi, celui qui vient perturber le calme de la communauté (celle des singes), celui qui s’introduit sur un territoire qui n’est pas le sien. Et ce parti-pris a pour première conséquence de rendre les personnages humains interprétés entre autres par Jason Clarke, Keri Russell et Gary Oldman, assez binaires et manichéens (en résumé, ils sont soit gentils et plein de bonnes intentions, soit méchants et prêts à écraser l’autre pour survivre), manquant alors cruellement de nuance et de complexité.

LA PLANÈTE DES SINGES - image du film 2 - Go with the Blog
Par ailleurs, ce deuxième volet prend également la forme cinématographique du Western et en rappelle clairement les codes : deux espaces parfaitement balisés et séparés (la forêt pour les singes, la ville en ruines pour les hommes), deux communautés identifiées par des repères vestimentaires ou des symboles sur le corps (les singes se peignent le visage tels des indiens, lorsqu’ils vont rencontrer les hommes au début et leur demander de bien rester dans leur partie du territoire).

On le sait, le Western est un format qui fonctionne hyper bien au cinéma en terme de dramaturgie, mais reste néanmoins moins intense en terme de narration et de réflexion. Ainsi, LA PLANÈTE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT perd un peu de la portée philosophique de son prédécesseur. Et la conséquence principale, c’est que l’on se retrouve moins touché par les enjeux de cette histoire, là où dans LES ORIGINES, la relation entre le personnage de James Franco et le singe Caesar nous bouleversait, et là aussi où les premières scènes dans les laboratoires avec les singes nous rappelaient la cruauté de la vie des animaux de laboratoires.
LA PLANÈTE DES SINGES - image du film 3 - Go with the Blog
Malgré cela, Matt Reeves signe ici une grande fresque épique et guerrière, avec des séquences d’affrontement et de guerilla urbaine particulièrement violentes (l’attaque menée par le singe Koba, en pleine nuit, à dos de cheval puis à bord d’un tank, rappelle les grandes heures des films de guerre sur le Viêtnam par exemple).
Irréprochable visuellement et techniquement, son long-métrage reste en revanche relativement classique dans son déroulé scénaristique et plutôt prévisible ; il est surtout porté par des questionnements à forte portée universelle, et renvoie l’être humain à sa propre condition, à ses propres conflits.

Alors que LA PLANÈTE DES SINGES : LES ORIGINES posait principalement la question de notre rapport aux animaux et de la légitimité (ou non) de la domination de l’être humain sur les autres espèces, LA PLANÈTE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT interroge la communauté et ses règles, et se concentre exclusivement sur ces thématiques : le recours à la violence pour asseoir sa domination, l’asservissement des siens au sein de sa propre communauté, la vengeance.

Notre rencontre avec Andy Serkis : ICI.
Notre article sur l’avant-première évènement de LA PLANÈTE DES SINGES : ICI.
* La motion capture, c’est quoi ? On vous en parle ICI.

LA PLANÈTE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT, sortie en France le 30 juillet 2014.

Article rédigé par Elle.

LA PLANÈTE DES SINGES - bandeau du film - Go with the Blog

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11 commentaires

  1. Techniquement le film est sidérant,il n’y a pas à revenir la dessus.

    Et puis il y a l’histoire.

    Une première partie qui rend bien les enjeux des deux clans avec cette volonté de l’homme à vouloir conquérir tjs plus et aux singes qui n’aspirent qu’a vivre paisiblement dans leur cadre naturel.
    Si la part belle est faite aux sentiments des singes beaucoup plus fouillés que ceux de la partie humaine un peu plus expédié et schématique, le moteur semble être la peur et l’incompréhension d’une civilisation, dune communauté, face à une autre et en filigrane évoque les tensions qui agitent plus d’un point du globe actuellement.

    Dommage qu’une seconde partie, fort honorable niveau spectacle – c’est aussi pour cela qu’on vient, mais moins riche amenuise la porté philosophique de cette suite.

    La seule grosse faute de goût du film restera la coquetterie dont est affublé la femme de César (et les masques du staff médical simien).

    Sinon cette Planète… semble bien être une saga reboot plus forte que l’originale. Une belle rareté dans le tout venant h’woodien.
    On espère un ep3 aussi étoffé et surprenant.

  2. Bonjour kub57,

    Tom avis est très intéressant et bien argumenté, et je crois qu’on est globalement d’accord.
    Je regrette aussi que la 2ème moitié du film, riche de scènes d’affrontement violentes et puissantes, perde alors de sa réflexion. Dommage que Matt Reeves n’ait pas tout à fait réussi à trouver cet équilibre en fond et forme finalement.

    On relèvera cependant (et je n’en ai pas parlé dans mon article) le duel interne à la communauté des singes, entre Caesar et Koba, qui est l’élément narratif le + intéressant de la 2ème moitié du film, je trouve.
    Le personnage de Koba apporte une densité intéressante dans l’histoire, jusqu’à ce climax où Caesar (qui prêche toujours l’union et le respect de l’autre), est face au choix de sacrifier Koba ou le sauver. Il y a qqchose de christique là-dedans qui renvoie l’homme – et donc le spectateur – à 2-3 questions universelles.

    • Christique, je sais pas, mais globalement d’accord.
      Même chez les humains, moins intéressants pour le réalisateur semble-t-il, il existe des nuances qu’il est difficile d’argumenté par écrit.
      Koba dans sa rencontre avec les militaires et la manière de leurs donner ce qu’il ont l’habitude de croire des singes (sans vouloir spoiler) est un élément aussi assez fort du script.

      • Moi, Koba est un personnage du film qui m’a vraiment beaucoup touchée.
        Il y a cet échange qu’il a avec Caesar où il lui dit, en langage des signes, que pour lui, le progrès selon les humains, ce sont les cicatrices qu’il a gardé sur le corps et la tête.
        C’est un personnage complexe, qu’on ne peut résumer à sa seule trahison. Je l’ai trouvé vraiment bouleversant.

  3. J’ai toujours été très fan de la saga de la planete des singes ( année 70) La nouvelle version année 2011 ,m’avais beaucoup plu également. Je hâte d’aller le voir dés mon retour de vacances ^_^

    • Bonjour natieak,

      On attend alors ton avis sur le film dès que tu l’auras vu ! 😉 D’ici là, profites bien de tes vacances surtout !

      À bientôt sur Go with the Blog.

  4. Je viens à mon tour donner mon avis sur ce film.

    Ce que je peux dire c’est que Matt Reeves nous tiens vraiment en haleine avec ce film, en effet avec un titre évocateur « l’affrontement » on s’attend évidement à ce que ça finisse par arriver à un moment donné ! Et on peut dire qu’il prend son temps, on sent la tension monter petit à petit et on fini presque par ne plus désirer que la guerre arrive !
    Malheureusement l’affrontement est inévitable, entre des singes qui dépassent les bornes et des humains qui en font tout autant, l’un ayant peur de l’autre et vice versa.
    J’ai trouvé dans l’ensemble que ce film était vraiment bouleversant, j’ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois, tant par les paroles de ces singes que par ce que je voyais à l’écran.
    César est devenu plus fort mais il a toujours gardé cette part d’humanité qui le caractérise et qui le rend si touchant dans son personnage.
    Matt Reeves a pris soin de blesser le fils de César par l’ours afin qu’il soit reconnaissable au milieu de tous ces singes avec ses cicatrices.
    De la même manière que Koba est difficilement oubliable, avec son personnage on est partagé par l’envie de le haïr pour ce qu’il fait et avoir de la compassion pour lui…Les hommes l’ont tellement fait souffrir qu’il est presque inévitable qu’il veuille se venger d’eux et on ne peut pas vraiment lui reprocher.
    Je suis toujours aussi fan du personnage de Maurice, la sagesse incarnée, l’ami fidèle qui est plein de bon sens. J’ai eu peur pour lui dans ce film ! Ils m’ont déjà enlevé le gorille dans le 1er volet donc il était hors de question qu’ils m’enlèvent l’orang outan 😀

    Je suis toujours autant bluffé par les effets spéciaux sur les singes, ils sont plus vrai que nature, c’est vraiment du beau boulot !
    J’étais contente que César revienne la ou il a grandit, rien n’a été dit sur ce qu’il a pu advenir du personnage de James Franco et je trouve que ça manque un peu dans l’histoire.

    La dernière scène du film m’a bouleversé, quand César dit qu’il est trop tard pour une paix, que l’homme ne fera plus jamais confiance aux singes. L’affrontement est loin d’être terminé et ça fait peur pour la suite.

    Je suis une fille sensible, je me suis attachée aux personnages donc je n’ai pas envie qu’on me les enlève maintenant 😀

  5. J’ai beaucoup apprécié ce film, car j’ai trouvé que l’histoire est bien écrite. De plus, les scènes d’action sont vraiment haletantes et très impressionnantes.

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