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HORNS : Daniel Radcliffe, l’écorné vif

HORNS - affiche France Daniel Radcliffe Juno Temple - Go with the BlogHORNS c’est d’abord l’adaptation au cinéma du roman de Joe Hill (le fils du célèbre Stephen King). Et quand on regarde de plus près cette histoire, on se demande qui d’autre qu’Alexandre Aja aurait bien pu se lancer dans ce défi ?!
HORNS se penche sur l’histoire incroyable de Ignatius Perrish (Daniel Radcliffe) qui se voit accuser par tous les habitants de la ville, du meurtre de sa petite amie Merrin (Juno Temple).  Au fond du trou et désireux d’élucider ce crime, il se retrouve soudainement à devoir résoudre un autre problème. Un matin au réveil, des cornes se mettent à lui pousser sur le front, et celles-ci semblent avoir l’étrange pouvoir de désinhiber les personnes qui l’approchent de trop près.
Pointé du doigt comme le diable par toute la ville, Ignatus semble à présent en avoir aussi toutes les caractéristiques. Quand la fiction rejoint la réalité – ou l’inverse -, quand l’amour et la mort s’associent, c’est alors un conte original et fantastique qu’Alexandre Aja prend plaisir à mettre en images, pour un film qui balaye absolument tous les genres !

HORNS est un film hors normes et atypique, qui mêle le thriller, le fantastique, la romance et la comédie ! Un mélange détonnant mais qui pourtant fait toute la force de cette histoire, celle d’un jeune homme rongé par le chagrin après le meurtre de sa petite amie.

S’il y a bien une chose impossible à faire avec HORNS, c’est de le classer dans une catégorie : film fantastique, histoire d’amour, et même comédie, ce long-métrage est en fait un peu de tout cela. Véritable thriller surnaturel doté d’une (en)quête romantique, cette adaptation ose un audacieux mélange des genres. Tout à tour on rit, on se passionne pour le puzzle à reconstituer autour du meurtre de la jeune Merrin, et on suit une passionnante – mais fulgurante – histoire d’amour.

HORNS - image du film Juno Temple 2 - Go with the Blog
Ce caractère iconoclaste est à la fois la force et la faiblesse de HORNS. Sa force, car on bascule d’un sentiment à un autre, avec l’impression de voir plusieurs films en un. Mais aussi sa faiblesse, car tout cela peut décontenancer le spectateur. Il faut accepter ce parti pris et se laisser guider pour apprécier HORNS dans sa pleine mesure. Liberté et ouverture d’esprit sont les maîtres-mots. Ne vous attendez pas à voir un pur thriller d’horreur ou un film gore comme Alexandre Aja sait si bien le faire, ni à une banale histoire d’amour entre jeunes gens furieusement beaux … HORNS c’est tout à la fois, mais surtout une allégorie de l’Amérique moderne.

Basculer de cette façon d’un genre à un autre, nécessite un casting à la hauteur qui saura être dans l’ironie et le premier degré, dans la légèreté et la gravité ; et c’est ce tour de force assez exceptionnel que parvient à accomplir Daniel Radcliffe. Il est l’excellente surprise de ce film, offrant une palette de jeu extrêmement variée et très convaincante ! Parfait en jeune homme perdu et meurtri par la perte de l’être aimé, en proie aux doutes, il devient ensuite un diablotin joueur lorsqu’il comprend le pouvoir de ses cornes. Daniel Radcliffe est véritablement l’attraction du film et surtout son fil conducteur, pour nous mener d’une ambiance à une autre !

HORNS - image du film Daniel Radcliffe voiture rouge red car - Go with the Blog

L’autre grand plaisir de ce film, il est dans le travail de mise en scène d’Alexandre Aja. Le réalisateur nous plonge dans un univers très référencé (les décors du Northwest des États-Unis, entre forêts de pins et pluies incessantes, rappellent inévitablement TWIN PEAKS) où les clins d’œil sont légions (la tenue de Daniel Radcliffe tout au long du film, évoque furieusement celle de Marty McFly dans RETOUR VERS LE FUTUR II).

Alexandre Aja propose une certaine vision de l’Amérique qui n’est pas si éloignée, quand on y pense, de celle de Quentin Dupieux (WRONG COPS, WRONG), un autre français qui réalise ses films aux États-Unis. Ils partagent ensemble cette fascination pour une Amérique fantasmée, un peu clichée, un peu idéalisée, tout en gardant suffisamment de recul et un œil critique.
HORNS est un beau film dans le sens où l’esthétisme est ultra travaillée dans les  moindres détails, et qu’il y a une empreinte forte de son réalisateur. 

HORNS - image du film Juno Temple - Go with the Blog

Cependant, tout n’est pas parfait non plus : le récit est très riche, dense, par conséquent dans un film de deux heures certains éléments, certains personnages secondaires (comme celui d’Heather Graham par exemple) sont inévitablement un peu expédiés ou auraient mérités d’être traités avec plus de profondeur.

Le mélange des genres risque d’en surprendre plus d’un, et peut-être de perdre quelques spectateurs en route. Surtout, on regrette quelque peu que HORNS ne soit pas finalement adapté sur un format série télévisée : cette histoire protéiforme et à plusieurs niveaux de lecture pourrait alimenter sans problème une série sur plusieurs saisons.

HORNS s’avère être un petit OVNI, un plaisir coupable rock’n roll dont la réalisation d’Alexandre Aja et la performance de haut niveau de Daniel Radcliffe en font un bon film, à condition de se laisser prendre au jeu et de se laisser bousculer par une pluralité des genres.

 

Retrouvez notre article & nos photos de l’avant-première parisienne de HORNS en présence de Daniel Radcliffe et Alexandre Aja :
HORNS – Avant-première


HORNS
, sortie en France le 1er octobre 2014.

Page Facebook France du film HORNS.

Article rédigé par Lui.

HORNS - bandeau visuel France Daniel Radcliffe Juno Temple - Go with the Blog

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14 commentaires

  1. J’ai adoré ce film, je l’avais vu en avant première à Paris, une histoire original réalisé par un réalisateur français et un acteur génial notre parfait Harry Potter pour toujours Daniel Radcliffe !! Dans ce film il montre une facette de son jeu d’acteur vraiment surprenante, il est génial !

    • Bonjour Nightangeel,

      Ton avis fait plaisir à lire !
      Et en effet Daniel Radcliffe est très très bon dans ce film ! Un personnage loin d’être simple à jouer car sans cesse sur plusieurs registres.

  2. Harry Potter a bien grandi !! Plus de baguette, mais à la place des cornes !! En tout cas j’ai adoré le film, peut être un peu long et une fin qui se fait un peu attendre. Daniel Radcliffe est excellent dans son rôle de vengeur amoureux.
    La scène entre les 2 flics dans la voiture est excellente. Par moment je me demande si le film ne va pas tomber dans la religion (les serpents, le resto qui s’appelle Eve..)
    J’ai passé un très bon moment, mais phobiques des serpents s’abstenir

    • Bonjour Eleane,

      Il y a bien sûr des références à la religion porté par le thème de la rédemption et du péché.
      C’est un film original sur bien des plans, il faut juste accepter cette idée et on passe un bon moment comme toi. Content que tu aies aimé.

      Merci pour ton commentaire.

  3. Hommage (évident) à Twin Peaks (une jeune fille morte dans d’atroces circonstances,petite ville du Nord américain,la scierie et enfin le plus frappant la similitude du rôle d’Heather Graham dans les deux œuvres..) Horns est une merveilleuse fable menée par l’esprit de vengeance du héro principal. L’humour présent surtout dans la première partie fait souvent mouche. L’alchimie entre Daniel Radcliffe et Juno Temple saute aux yeux.
    En bref Excellent..

  4. Bon … il joue vraiment bien mais le scénario c’est du n’importe quoi, il mélange trop de style (humour, thrillers et horrreur) du coup j’ai eu du mal à le prendre au sérieux.
    il m’a bien fait rire même la fin (ça fait du bien de rire même pour une mauvaise raison)
    Mais c’est à voir quand même par curiosité.

    • Bonjour Xiaofeng,

      Je pense qu’il ne faut pas prendre au sérieux ce film, cela reste un film divertissant avant tout. C’est vrai que le mélange des genres peut nous perdre parfois. Tu résumes assez bien en disant que c’est un long-métrage à voir par curiosité car il est assez original et singulier !

  5. Mike35 (@lolitosband)

    Un film multi-genres en effet qui nous offre un repas complet et varié pour les cinéphiles que nous sommes. Un exercice pas évident mais pour moi réussi car j’ai trouvé l’ensemble cohérent et formant tout de même une unité.
    Daniel Radcliffe est en effet très pertinent dans ce rôle et il fallait absolument qu’il le soit pour qu’on accepte le scénario (il faut être ouvert d’esprit) et qu’on ait envie de le suivre dans sa quête de la vérité. A travers beaucoup de connotations religieuses, Alexandre Aja nous offre une critique de la société moderne : des gens hypocrites, lâches ou égoïstes. Des gens qui vont mal dans leur quotidien et qui cachent comme ils peuvent leurs vices. J’ai trouvé assez jouissif le fait que les personnages soient totalement désinhibés et contraints de ne dire que la vérité. Alexandre Aja y va franchement et c’est ce qui nous emmène au bout sans douter du scénario.
    J’ai pris vraiment de plaisir à regarder ce film jusqu’à la scène d’action finale que j’ai trouvé excessive et grossière. Heureusement que le paradis nous fait revenir en douceur vers le point de départ d’où nous avions décollé.

    • Bonjour Mike35,

      Chouette commentaire ! Merci à toi.

      Au sujet de la fin, pour précision elle est strictement identique à celle du roman de Joe Hill, même si elle fait très « Alexandre Aja » (qui fait d’ailleurs preuve d’une excellente maîtrise en matière de réalisation).

      À bientôt sur Go with the Blog ! 🙂

  6. Romantique en diable.

    Touchant a plusieurs genres, le meilleur est qu’il assume son côté B movie sans complexes avec une fraicheur bienvenue.
    Il commence et finit par un souvenir, celui d’un presque 69 (mon esprit perverti face à la manière dont c’est filmé) romantique et chaste qui emmène le film sur le terrain de l’amour fou et éternel, une des composante majeure qui est le cœur de l’histoire. Il offre également un regard sur l’amitié et le devenir suite à l’adolescence. + un humour souvent irrévérencieux qui cogne fort.

    Le liant c’est l’appartenance au genre fantastique respecté, avec une imagerie parfois spectaculaire et étonnante, que n’a pas bien des prods bling bling, que n’entache pas un budget ne permettant pas toujours des fx AAA.

    Parfois ce mélange des genres généreux peut s’avérer un peu trop touffu et déstabilisant, mais l’ensemble ne perd jamais sa cohérence.
    Cette belle réussite d’écriture, avec de vrais personnages renforcent les qualités de ce film frappadingue plein d’émotions. Une petite perle et une superbe surprise. Inclus une bonne BO.

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