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THE REVENANT : quand il n’y a plus de place en Enfer, le mort revient sur Terre

THE REVENANT - Affiche FR Définitive Leonrdo DiCpario Inarritu FRANCE - Go with the BlogInspiré d’une histoire vraie, THE REVENANT entraîne le spectateur dans l’Amérique des trappeurs du début du XIXème siècle. Le chasseur Hugh Glass fuit son camp avec ses partenaires de route, suite à un violent assaut des Indiens vivant sur ce territoire.

Reprenant la route, les hommes traversent des terres hostiles et enneigées. Dans la forêt, Hugh Glass est attaqué par un ours et grièvement blessé. Agonisant, le corps violemment meurtri, l’homme est laissé pour mort par ses coéquipiers. Mais Hugh Glass réussit à survivre seul. Habité par un désir brûlant de vengeance, le trappeur parcourt alors des centaines de kilomètres à travers plaines et montagnes, guidé par un seul et unique but : se venger de celui qui l’a trahi.

Après son triomphe (excessif ?) aux Oscars 2015 avec BIRDMAN, le réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu  ne perd pas de temps. Il nous revient (c’est le cas de le dire …) avec THE REVENANT, une fresque dantesque à bien des égards de plus de 2h30, portée par un duo d’acteurs exceptionnels, Leonardo DiCaprio et Tom Hardy.
Dans ce récit de survie et de vengeance, le cinéaste s’emploie dès les premiers instants du film à bâtir un projet ambitieux, dont la grandeur et l’emphase sont clairement affichées. Tourné dans des décors réels au Canada et en Argentine notamment, THE REVENANT plonge immédiatement le spectateur dans un chaos violent et saisissant, à travers cette séquence d’ouverture où les Indiens attaquent le camp des trappeurs.
Dans une succession de plans séquences assez dingues, Iñárritu vient nous rappeler sa considérable maîtrise technique et son sens de la mise en scène poussé ici à l’extrême.

Évidemment, on est impressionné par ces paysages infinis et d’une beauté à couper le souffle, par cette immensité enneigée qui semble ne pas connaître de fin, ces montagnes qui tutoient les cieux … Alejandro González Iñárritu a tenu absolument à réaliser son long-métrage entièrement en lumière naturelle, obligeant notamment son directeur de la photo Emmanuel Lubezki à se surpasser pour atteindre un degré quasi de perfection ici, il faut le reconnaître.

THE REVENANT baigne dans une lumière époustouflante, sublimant une Nature qui fait intégralement partie du récit. Cette épopée guidée par une soif de vengeance inébranlable, a imposé des conditions de tournage éprouvantes, tant pour les équipes techniques que pour l’ensemble des comédiens.

Éprouvantes, certaines scènes du film le sont également pour les âmes sensibles, il vaut mieux être prévenus. Et si beaucoup ont parlé de la fameuse attaque de l’ours sur le personnage de Hugh Glass au début du film, il n’y a pas que cela qui risque de vous remuer l’estomac …

Pour porter cette histoire vraie brutale et particulièrement intense, Alejandro González Iñárritu avait besoin d’un acteur prêt à payer de sa personne et à se dépasser. Et une fois de plus, Leonardo DiCaprio repousse encore plus loin les limites de son talent virtuose, s’investissant corps et âme (et tout le reste) dans ce rôle d’une implacable rudesse physique et mentale.

Mais il ne faut pas en négliger pour autant le reste du casting, bien au contraire ! Particulièrement bien entouré, DiCaprio retrouve notamment ici son pote Tom Hardy (ils avaient tourné ensemble INCEPTION de Christopher Nolan, et ils sont véritablement super proches dans la vie).
Même s’il passe moins temps à l’écran que son ami, Tom Hardy signe lui aussi une nouvelle fois une prestation remarquable et habitée, nous offrant dans la dernière partie du film un duel d’hommes d’une violence et d’une brutalité franchement inoubliable.

Il faut également un dire un mot de quelques uns des rôles secondaires, notamment l’irlandais Domhnall Gleeson qui se distingue une fois de plus ici, après des prestations déjà remarquées dans EX_MACHINA et STAR WARS : LE RÉVEIL DE LA FORCE.

Mais – car il y a un ‘mais’ -, THE REVENANT a beau forcer le respect pour sa maîtrise technique irréprochable, le film trouve aussi là ses limites voire ses faiblesses. Comme on l’avait déjà senti dans BIRDMAN, le réalisateur semble se sentir obliger d’en faire souvent trop, d’être dans la démonstration artistique quasi permanente, frôlant alors au bout d’un moment l’excès.
Plombé notamment par sa durée inutilement longue (le film aurait gagné à se défaire d’une bonne trentaine de minutes), THE REVENANT multiplie les scènes où le personnage de DiCaprio, seul contre le monde, s’efforce de survivre dans l’immensité de cette Nature qui ne lui épargne rien.
Mais à trop nous répéter ces mêmes séquences de survie, Alejandro González Iñárritu se perd un peu dans cette démonstration esthétique, et à l’instar du personnage d’Hugh Glass, peine à trouver un second souffle.

De cette odyssée sauvage et macabre, on ne peut que saluer la grandeur esthétique fascinante, et la performance stupéfiante de l’ensemble du casting, Leonardo DiCaprio en tête (même si on fait plutôt partie du camp qui pense que ce n’est pas forcément son ‘plus grand rôle’).


Néanmoins, THE REVENANT reste par moments aussi froid que la glace et les sommets enneigés qu’il filme. Privilégiant la forme au fond, Alejandro González Iñárritu en oublie de nourrir la psychologie de ses personnages. Le cinéaste cède une fois encore à la tentation de la démonstration. Alors certes, cela lui a déjà valu une pluie de récompenses, et il devrait logiquement aller chercher un nouvel Oscar du meilleur réalisateur … Mais dans nos cœurs de spectateurs, il manque tout de même cette petite flamme qu’on appelle l’émotion.

THE REVENANT, sortie en France le 24 février 2016.

Article rédigé par Elle.

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5 commentaires

  1. Je suis d’accord encore une fois avec votre critique. J’ai trouvé que c’était un très beau film, avec de sublimes paysages, (Ah les décors du Grand Ouest), les acteurs sont superbes, Tom Hardy, ainsi que Will Poulter (Bridger) en tête.
    Di Caprio est très bien également, mais je trouve qu’il en fait des tonnes comme toujours..
    Certaines critiques, y voit de références à Malik, pour ma part, j’ai trouvé pas mal de référence à Gladiator (la vengeance, la mort de l’épouse et du fils et l’au delà)
    Maintenant c’est vrai que le film est assez long, il aurait duré 30 minutes de moins cela aurait très bien.
    Ames sensibles s’abstenir, car la scène de l’ours n’est vraiment pas la pire. Celle du cheval dépasse tout..
    Bref un beau film, prenant, très violent, mais il manque quelque chose, pour que je sois complétement emballée

    • Bonjour Eleane,

      Merci beaucoup pour ton avis très détaillé sur le film !
      Tout ce que tu dis est très juste, on abonde dans ton sens. 🙂

      Et je suis d’accord avec toi, je n’y vois pas tant des références à Malick mais plutôt à d’autres films dit « survival », je pense aussi notamment à VALHALLA RISING, LE GUERRIER SILENCIEUX, auquel THE REVENANT emprunte beaucoup en terme d’ambiance, je trouve.

      Merci pour ton super avis ! 🙂

  2. Bonjour à tous,

    Alors j’ai été en salle hier. J’ai passé un super moment devant The Revenant. Les paysages sont magnifiques.
    La scène de l’attaque de l’ours est très impressionnante. J’en avais mal de partout 🙂
    Ensuite autre scène qui m’a marqué c’est quand il dépèce le cheval et se réfugie dans la carcasse….et là on se dit waouh . Je n’ai pas trouvé le film trop long, j’en ai savouré chaque instant, ça nous a permis de nous plonger complètement dans ce qu’a pu endurer Hugh Glass ( Leonardo DiCaprio) Très bon jeu également de Tom Hardy dans le rôle de John Fitzgerald.
    J’ai aimé aussi selon les scènes la buée présente sur la caméra. D’ailleurs de très belles prises sous tous les angles. Bien au chaud dans mon fauteuil, on arrivait presque à culpabiliser !!
    Un très bon film à voir sur grand écran.
    BRAVO

    • Hello coxygold,

      Merci pour cet avis très complet & super intéressant !

      Les deux scènes que tu cites (avec l’ours et dans la carcasse du cheval) sont en effet les deux + marquantes du film, et les + moments les plus violents sans nul doute.
      C’est important de souligner l’excellente prestation de Tom Hardy, qui apporte beaucoup au film.

      Merci encore de ton message. 🙂
      À très bientôt sur Go with the Blog !

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