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LES BRASIERS DE LA COLÈRE : vengeance sur des charbons ardents

les brasiers de la colèreLa ville de Braddock est très loin du rêve américain, mais cette cité ouvrière constitue le quotidien de Russell (Christian Bale), ouvrier comme son père à la sidérurgie du coin, où il mène une vie de labeur et de misère. Quant à Rodney (Casey Affleck), son frère, il va de galère en galère depuis son retour d’Irak, toujours très marqué par la guerre. Largué, Rodney tente tant bien que mal de s’en sortir par de petites combines. Il finit par s’engager dans des matchs de boxe clandestins, dirigés par Curtis DeGroat (Woody Harrelson), un caïd violent. Jusqu’au jour où la police informe Russell de la disparition de son frère.
Le coupable semble tout trouver, mais la police ne peut rien faire. À partir de ce moment, poussé par l’amour fraternel, Russell ne recule devant rien et prend alors tous les risques pour connaître la vérité et surtout se venger … une vengeance d’homme à homme.

LES BRASIERS DE LA COLÈRE se dote d’un casting de très haut vol et autant le dire de suite, tous ces talents ne sont pas là pour rien. Film prodigieux, il est porté par des acteurs exceptionnels et habités chacun par leur rôle ! Les deux frères tout d’abord, avec Christian Bale dans le rôle de Russell, obsédé par la vengeance, et le rare Casey Affleck qui incarne ici Rodney, affichent une complicité touchante à l’écran.

Le premier se fond totalement dans les habits du good guy, travailleur aux valeurs humbles et honnêtes, dans tout ce que l’Amérique profonde est capable de produire comme brave type débrouillard. Le second interprète un homme marqué à jamais par la guerre, paumé et déboussolé, avec cet effroyable sentiment d’avoir été abandonné par le pays qu’il a servi. Meurtri à vif, Casey Affleck offre une prestation épatante et à bloc.

les brasiers de la colereDans ce genre de film de chasse à l’homme et de vengeance, il est important d’avoir un bad guy qui soit capable d’imposer un vrai sentiment d’effroi. Woody Harrelson campe ici un odieux monstre, violent, cynique, inquiétant … et totalement fou ! Ainsi, la tension et la peur parcourent totalement l’ensemble du film.

On pourrait s’attarder encore longuement sur ce casting passionnant, néanmoins on ajoutera simplement (pour faire court) un dernier mot à propos de Willem Dafoe, lui aussi touchant et inquiétant, ainsi qu’à propos de la jolie Zoe Saldana qui se rend parfaitement crédible en femme ouvrière.

les brasiers de la colèreLES BRASIERS DE LA COLÈRE nous donne à voir une Amérique peu montrée au cinéma, celle qui est frappée de plein fouet par le chômage industriel et la pauvreté qui en découle. Le tissu social est totalement intégré au drame du film, avec des personnages brisés mais qui se battent malgré tout, ayant peu de choses hormis des valeurs. Cela permet ainsi de donner de l’ampleur et une densité émotionnelle à un scénario assez classique.

La réalisation de Scott Cooper (dont c’est ici le deuxième long-métrage après le remarqué CRAZY HEART en 2009) évite tout écueil dramatique excessif, ou pire de tomber dans le pathos et le larmoyant. Le quotidien de ces travailleurs est montré sans jugement ou regard complaisant, mais avec sincérité.

les brasiers de la colère

Vous l’aurez compris, LES BRASIERS DE LA COLÈRE est un formidable film qui nous a conquis ! Porté par des comédiens de renom totalement investis, remarquablement justes et touchants, ce film de vengeance en apparence classique, nous saisit et ne nous lâche plus.
Dans la lignée de sa première réalisation CRAZY HEART, Scott Cooper confirme ici qu’il est un réalisateur avec qui il faudra compter, capable de rendre compte d’une Amérique oubliée dont on ignore souvent tout.

LES BRASIERS DE LA COLÈRE, sortie en France le 15 janvier 2014.

Article rédigé par Lui.

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