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FRUITVALE STATION : l’Amérique face à ses démons

FRUITVALE STATION - AFFICHELe film FRUITVALE STATION a vécu une année 2013 riche de succès dans les festivals, en recevant notamment le Grand Prix et le Prix du public au Festival de Sundance, et en étant présenté dans la sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes.

Film coup de poing et délicat à la fois, il retrace les dernières 24 heures d’Oscar Grant. Ce jeune homme issu d’une banlieue pauvre de San Francisco, prépare comme chacun son réveillon de la Saint-Sylvestre. Nous sommes le 31 décembre 2008 et le 1er janvier 2009 à la station de métro Fruitvale Station : beaucoup d’agitation, puis s’ensuit une arrestation. La situation tourne mal, et soudain un coup de feu retentit.

L’histoire d’Oscar Grant, devenue un fait divers puis un symbole, a provoqué une onde de choc dans toute l’Amérique, entraînant plusieurs manifestations et aussi de violents saccages dans des villes aux États-Unis. De plus, cette tragédie a la particularité d’avoir été entièrement filmée par des témoins avec leurs smartphones, et les vidéos ont été largement diffusées sur le Net juste après le drame. C’est d’ailleurs par des images réelles que débute FRUITVALE STATION

Le réalisateur Ryan Coogler (dont c’est ici le premier film) s’engage dans la délicate voie de l’adaptation au cinéma d’un tragique évènement réel, de surcroît à peine quatre années après les faits.
Le film se veut être très réaliste, et montre le quotidien d’un jeune noir issu d’un quartier pauvre, qui grandit au gré des galères, et passe de l’ado sympa qui a fait quelques conneries, au jeune adulte se retrouvant à un tournant de sa vie : se ranger, ou alors choisir les magouilles et l’argent facile.

FRUITVALE STATION - image du film 3Ce que l’on apprécie tout d’abord dans FRUITVALE STATION, c’est cette volonté d’éviter absolument de tomber dans le misérabilisme, ou à l’inverse de peindre un monde idéalisé et manichéen. Le quotidien ici n’a évidemment pas besoin de paillettes, et encore moins d’une noirceur appuyée. Il nous est donné à voir tel qu’il est, et cette exigence de véracité fait la grande force du film. On s’attache à Oscar avec les défauts et les qualités qui sont les siens, sans le juger, même si bien sûr cet attachement nous fait redouter encore davantage la fin imminente.

L’émotion contenue dans ce récit ne cesse de monter au fur et à mesure que les minutes passent, jusqu’au dénouement final qui nous laisse dans l’incompréhension, le pire des sentiments. Et si cette émotion est tellement croissante et palpable, c’est que les comédiens visent juste. Bien entendu, on se doit d’évoquer Michael B. Jordan (découvert dans CHRONICLE en 2012), époustouflant de sincérité, qui campe parfaitement son personnage sans jamais en faire de trop, en adéquation avec la réalisation. La sobriété est de mise, et c’est cela qui rend le film si touchant.

FRUITVALE STATION - image du filmMalgré quelques rares facilités, la rage contenue dans cette première réalisation nous prend aux tripes et ne nous lâche pas. FRUITVALE STATION parvient aussi à balayer certains clichés, même s’il ne les évite pas tous, mais finalement c’est à l’image de ce qu’est la vie parfois.

Par dessus tout, le réalisateur parvient à maîtriser totalement la fin délicate et complexe de son film, en particulier la scène-clé, la séquence de l’arrestation qui est haletante et violente.
On ressort de ce long-métrage touché, meurtri et des questions plein la tête sur les évènements. FRUITVALE STATION met l’Amérique et l’ensemble du public face au sort de ce jeune homme et à ce drame terrible, ainsi qu’à toute l’injustice qu’il soulève.

FRUITVALE STATION - image du film 2

FRUITVALE STATION, sortie en France le 1er janvier 2014.

Page Officielle Facebook française de FRUITVALE STATION.

Article rédigé par Lui.

FRUITVALE STATION - bandeau

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