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AVANT-PREMIÈRE : FRANKENWEENIE, réalisé par Tim Burton

Victor est un jeune garçon très ingénieux, qui adore passer son temps à monter des petits films qu’il montre ensuite à ses parents. À vrai dire, c’est son unique passe-temps, car Victor est aussi un garçon qui n’a pas d’amis et préfère s’enfermer dans son grenier à bricoler que de jouer au baseball, au grand dam de son père. Seul ? … Pas tout à fait, il a avec lui son inséparable chien, Sparky.
Mais son fidèle compagnon est victime d’un effroyable accident, et Victor se refuse à l’idée de sa disparition irrémédiable. Il décide alors de tout faire pour rendre la vie à Sparky … et un soir d’orage, ça marche !
Mais un tel évènement doit bien évidemment rester secret ; enfin, ça serait mieux qu’il le reste …

FRANKENWEENIE n’est pas un projet comme les autres pour son réalisateur, Tim Burton. À l’origine il s’agit d’un court-métrage qu’il réalise en 1984 et qui lui tient beaucoup à cœur. C’est donc à peu près vingt ans après qu’il décide d’en reprendre la trame originelle pour la développer dans une version longue. Celle-ci ne nous laisse aucun doute dés les premiers instants, il s’agit bien d’un film de Tim Burton. Nous y retrouvons tous les élément caractéristiques de son cinéma, et même certains personnages déjà croisés au cours de son impressionnante filmographie.
Un subtil mélange de candeur, de poésie et d’innocence sur un fond noir, grave et macabre. Sur cet aspect du film, peu de choses à redire tant il maîtrise parfaitement ce style qui lui est propre, aidé en cela par son fidèle complice Danny Elfman pour la musique.

Nous ne pouvons qu’être sincèrement admiratifs du travail réalisé en stop motion (de l’animation image par image, une technique ancestrale du cinéma qui nécessite un travail extrêmement méticuleux), les personnages se déplacent parfaitement et parviennent à exprimer de véritables émotions. Cette réussite participe à mieux s’immerger dans l’univers de FRANKENWEENIE. Nous comprenons mieux pourquoi il a fallu plusieurs années pour mettre sur pied ce long-métrage.

Les fans du réalisateur américain (qui réside désormais à Londres) et les amateurs de film d’animation de ce genre, seront ravis de retrouver cette nouvelle création du père de L’ÉTRANGE NOËL DE MONSIEUR JACK et des NOCES FUNÈBRES.
Toutefois, nous pouvons quelque peu regretter l’absence d’effet de surprise et cette impression de déjà-vu, et ce dés les premiers plans (ici la ville de New Holland ressemble tellement à celle d’EDWARD AUX MAINS D’ARGENT). Si la poésie reste bel et bien présente, elle semble tout de même un peu moins magique et moins ensorcelante.

En parallèle de la trame principale autour de l’attachement très fort de Victor pour Sparky et les questionnements liés à l’enfance (le rapport aux autres, la différence, la solitude, l’imaginaire enfantin …), une seconde intrigue se développe et interroge les thématiques de la science, des expérimentations scientifiques et de l’usage qu’en fait l’être humain.
Comme souvent dans les œuvres de Burton, derrière le film enfantin et parfois amusant et mignon, nous retrouvons une réflexion un peu plus ambitieuse ; il y a plusieurs degrés de lecture et bien souvent un message fort à l’encontre de notre société (sur)consommatrice. Dans FRANKENWEENIE, ce message est présent et intéressant mais un peu trop timoré, on a connu le réalisateur plus transgressif et provocateur.

FRANKENWEENIE se révèle un véritable plaisir des yeux et permet de replonger dans l’univers singulier de Tim Burton. La performance technique, la beauté stylistique, ce souci permanent du détail et cette méticulosité bluffante dans chaque plan, rendent ce seizième long-métrage du réalisateur, très agréable, divertissant, et assez attachant.
Il manque certes un peu de renouveau et de fraîcheur dans l’ensemble, qui nous apparaît tout de même très banalisé et presque trop familier par moments. Mais nous savons aussi que Tim Burton n’est pas de ceux qui se réinventent à chaque film, et ici il a privilégié avant toute chose son projet personnel et cette envie inaltérable chez lui de retrouver un peu de son enfance et de ses souvenirs, et d’en exalter leur candeur et leur petite dose d’intemporalité.

Un dernier mot, nous avons vu ce film en 3D : autant être très brefs et limpides sur ce point, elle est totalement inutile et sans intérêt.

FRANKENWEENIE, sortie en France le 31 octobre 2012.

Article rédigé par Lui.

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6 commentaires

  1. Je suis très d’accord avec ce billet, il est important de souligner justement que Burton n’est pas de ceux à faire du nouveau à chaque sortie, d’ailleurs lorsqu’il sort quelque chose un peu en écart avec ses habitudes, personnellement ça me touche moins. ( Je pense par exemple à Dark Shadow qui est loin d’être le meilleur Burton ).
    Dur dur d’égaler Edward aux mains d’argent.

    J’ai personnellement été très touchée par ce film, puisque depuis toute petite je vis en présence d’animaux et leurs morts me déchirent. Je suis actuellement la propriétaire d’un Bull-Terrier, raison de plus pour être très touchée par ce film.
    Je le répète très bel article.

    • Qu’entends tu par « loin de ses habitudes » concernant Dark Shadow ? On retrouve quand mème ses thématiques habituelles (personnage principal en marge de la vie des villes moyennes US présentée de manière assez ironique) et certains attributs à ses perso secondaires (Eva Green jouait sur la mème tension sexuelle que M Pfeiffer/catwoman).

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