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INHERENT VICE : sex, drugs & Joaquin Phoenix !

INHERENT VICE - Affiche France Warner Bros France - Go with the BlogAdaptant le roman dense – et réputé inadaptable – « Vice caché » de l’écrivain américain contemporain Thomas Pynchon, le réalisateur Paul Thomas Anderson renoue, avec INHERENT VICE, avec son amour pour les sixties & les seventies. Ce septième long-métrage de PTA rappelle furieusement le culte BOOGIE NIGHTS sorti en 1997. Sauf qu’entre ces deux films, le temps a passé, et le regard que Paul Thomas Anderson pose sur cette époque bénie et clinquante des 60’s – 70’s a lui aussi changé.

INHERENT VICE est presque impossible à résumer tant l’intrigue est folle, dense, et bourrée de trajectoires secondaires ; mais au fond, ce n’est pas tant le récit stricto sensu qui nous intéresse ici, mais plutôt la comédie loufoque que nous offre l’ensemble, et surtout cette harmonie poétique de l’âge d’or californien des années 60, que le réalisateur tend à faire revivre dans son film. Entre le chaos saturé de drogues, de sexe et de jolies filles, et une poésie douce-amère cachée en filigrane dans chaque scène, INHERENT VICE se révèle peut-être comme le film le plus nostalgique de Paul Thomas Anderson.

On va vous faire gagner du temps et vous le dire très franchement tout de suite : il est absolument inutile d’essayer de tout comprendre à l’histoire d’INHERENT VICE ! Ne perdez pas votre énergie à essayer de faire le lien dans votre tête entre les évènements qui s’enchaînent à l’écran, ça ne sert pas à grand chose.

Derrière ses faux airs de film policier où se mêlent dans un joyeux bordel l’ex-petite amie d’un détective privé dopé à la marijuana, qui vient lui demander de l’aide pour retrouver son amant milliardaire, lui-même trompé par sa propre épouse qui fomenterait un coup contre lui avec son amant à elle (vous voyez, vous êtes déjà perdus !), INHERENT VICE est avant tout une pure comédie déjantée où on rit vraiment beaucoup.
INHERENT VICE - image du film  2 Joaquin Phoenix and girl - Go with the Blog

Servi par un casting sublime, de Josh Brolin à Benicio del Toro en passant par Owen Wilson et Reese Witherspoon, INHERENT VICE offre surtout un rôle en or à Joaquin Phoenix, qui retrouve le réalisateur Paul Thomas Anderson pour la seconde fois après THE MASTER en 2012. Omniprésent à l’écran, Joaquin Phoenix incarne le détective Doc Sportello, un type sans attache et sans envergure, qui semble autant détective privé que je suis cracheuse de feu (et non, je ne le suis pas, désolée). Présent dans quasiment tous les plans du film, Joaquin Phoenix porte littéralement à bras-le-corps cette errance psychédélique dans une Californie brûlée autant par un soleil de plomb que par les drogues que tout le monde consomme.

Paul Thomas Anderson filme son acteur principal avec une bienveillance et une admiration évidentes, et celui-ci le lui rend bien. Joaquin Phoenix nous éclabousse tout au long des 2h30 que dure le film de son potentiel comique et loufoque, se révélant irrésistiblement hilarant et foncièrement attachant !
INHERENT VICE - image du film  Joaquin Phoenix screaming - Go with the Blog

En suivant le personnage de Doc Sportello dans son improbable enquête chaotique, c’est finalement surtout un guide auquel nous avons à faire : un guide qui nous conduit dans l’exploration de ces années psychédéliques où règnent l’insouciance et un tourbillon idéaliste enivrant. INHERENT VICE ressemblera peut-être pour certains spectateurs à un long trip sous coke et marijuana, sublimé par des éclairs de comédie géniaux ; et d’autres y verront probablement un kaléidoscope éclaté et foisonnant de la fin des sixties.

Une chose est sûre, Paul Thomas Anderson n’a rien laissé au hasard en adaptant le roman de Thomas Pynchon. Sublimant toute la dimension absurde du livre pour nous en offrir des scènes déjantées à l’écran, le metteur en scène pousse encore plus loin la grandeur de son cinéma : il construit une fresque d’une élégance rare, qui nous malmène et nous entraîne d’une scène à une autre sans ménagement, pour mieux nous faire ressentir la frénésie de l’époque qu’il filme.
INHERENT VICE - Joaquin Phoenix Benecio del Toro 2015 movie - Go with the Blog
S’appuyant également sur une bande son composée par Jonny Greenwood, guitariste de Radiohead (qui collabore pour la troisième fois avec PTA après THERE WILL BE BLOOD et THE MASTER), Paul Thomas Anderson dépasse la simple reconstitution d’une époque. Ce qui est particulièrement intéressant dans INHERENT VICE, c’est qu’il y a derrière chacun de ces personnages que l’on croise, des drames qui se jouent, des errances, une solitude aussi parfois.

C’est dans cette atmosphère faussement légère et désinhibée que l’on découvre par instants, comme dans un éclair de lucidité, la gravité de certains moments. La voix off de la narratrice participe également de cette sensation nostalgique, à l’image du personnage de Doc Sportello qui court dans tous les sens et enchaîne les rails de coke pour mieux échapper à la fin inéluctable d’une époque dorée mais révolue … échapper au temps qui passe.
INHERENT VICE - Joaquin Phoenix Image du film 3 Paul Thomas Anderson girl Shasta - Go with the Blog

D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si l’une des plus belles scènes du film est celle où le personnage de Joaquin Phoenix se remémore le début de son idylle avec son ex-petite amie (incarnée par l’envoûtante et évanescente Katherine Waterston), rencontrée un jour de pluie battante. À cet instant dans le film, la comédie farfelue laisse place à un instantané poétique et romantique, d’une beauté simple mais touchante, un furtif souvenir d’un instant hors du temps.

Et c’est peut-être là, en ces quelques brèves minutes, que INHERENT VICE trouve tout son sens et son supplément d’âme nécessaire, faisant ainsi de ce récit absurde et éclaté, une rêverie douce-amère sur le souvenir d’un passé qui chaque jour s’éloigne un peu plus.
INHERENT VICE - image du film Reese Witherspoon Joaquin Phoenix - Go with the Blog
Le principal défaut de INHERENT VICE, c’est sans nul doute ses 2h30, car on va être honnête, on aurait assez clairement pu en retirer une bonne trentaine de minutes. Néanmoins, il ne faut pas avoir peur de se laisser promener et embarquer par ce récit alambiqué et déglingué, et de se perdre entre les cuisses des jolies filles, dans les volutes de la fumée de marijuana, ou dans des lieux saugrenus, au rythme des virées folles des personnages, celui de Joaquin Phoenix en tête !

INHERENT VICE ressemble à une hystérie collective hallucinante, complètement jouissive, au milieu de laquelle brille une nostalgie poétique sublime. Et l’on tient peut-être là, paradoxalement, le film le plus intime de Paul Thomas Anderson.

Retrouvez toutes nos photos de l’avant-première du film à Paris en présence de Paul Thomas Anderson & Joaquin Phoenix !

INHERENT VICE, sortie en France le 04 mars 2015.

Article rédigé par Elle.

INHERENT VICE - bannière NEUTRE Paul Thomas Anderson Joaquin Phoenix - Go with the Blog

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6 commentaires

  1. STUPEFIANT, HALLUCINANT
    Et intrigue embrumée comme le sont les personnages du film. PTA allie le fond et la forme dans le moindre cadre, la plus petite expression de ces acteurs, ou un simple mot dans ses moments les plus forts. Avec sa trame azimuté Inherente vice gagne facilement face au trop sérieux ou à la gravité de ses (deux derniers) films. Pas sûr que la logique de chaque personnage soit inattaquable, mais peu importe, pourvu que l’on ait l’ivresse ou plutôt que le trip soit bon. Il l’est, en forme de comédie acide wtf subtile surréaliste. Tellement qu’il donne envie de se replonger dans la filmo de PTA.

    • Salut widescreen,

      De bien jolies paroles sur ce film de Paul Thomas Anderson qui demande vraiment à ce qu’on le regarde au-delà de ses allures de comédie sous acide !
      Je pense franchement que dans qqs mois ou qqs années, on regardera INHERENT VICE comme une vraie grande fresque cinématographique.

      Et je te rejoins à 100% sur ta dernière phrase : j’ai moi aussi envie de revoir à nouveau tous les films de PTA ! 😉

  2. Paul Thomas Anderson est un génie ! Inherent Vice s’annonce être une oeuvre d’art comme ses autres réalisations (même si je ne les ai pas toutes vues) où ça part souvent dans tous les sens. Sauf que, ici, la comédie est de mise. Hâte de voir ce film DELIRANT !

    J’adore le premier Screen où il découvre la photo de la personne à retrouver, l’expression sur son visage est épique ! En plus, on ne sait pas à quoi s’attendre : est-il horrifié par l’apparence de la personne sur la photo ou en est-il tellement agréablement surpris ?

    Voilà donc un film que j’irai voir avec envie, et encore plus si vous m’en faites cadeau ! 🙂

  3. Rien que l’affiche est psyché, si le film est à son image, ça promet !

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