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THE MASTER, réalisé par Paul Thomas Anderson

The Master - Go with the Blog Cinq ans après THERE WILL BE BLOOD, le réalisateur Paul Thomas Anderson revient avec un casting étonnant et costaud pour THE MASTER, un film qui avant même sa sortie fait déjà beaucoup parler de lui.
Casting étonnant donc, avec le retour sur grand écran de Joaquin Phoenix qui avait pourtant annoncé officiellement sa retraite ; et aussi casting imposant avec Philip Seymour Hoffman et Amy Adams, qui a de plus en plus le vent en poupe. Hormis ce joli casting, THE MASTER est également au centre d’une petite polémique car beaucoup voit dans le personnage interprété par Philip Seymour Hoffman une ressemblance avec Ron Hubbard, le créateur et maître de la Scientologie. Qu’en est-il exactement ?


Abordons brièvement la question de la Scientologie. Sans être un spécialiste du sujet ou un quelconque théologien, force est de constater en effet que les méthodes utilisées par le maître dans le film ainsi que son parcours (par exemple, il s’exile en Angleterre pour diriger sa communauté) coïncident fortement avec la réalité. Toutefois officiellement, Paul Thomas Anderson nie en bloc toute ressemblance volontaire. On peut penser qu’au vue de l’influence et du pouvoir de cette secte aux États-Unis (elle y est reconnue comme une véritable religion), il est sans doute préférable de botter en touche. Et surtout peu importe, le thème du film étant avant tout la manipulation d’un homme sur un autre.

Tout commence avec la rencontre entre Freddie, un vétéran de la seconde guerre mondiale, traumatisé psychiquement et alcoolique, et Lancaster Dodd, homme charismatique et bon parleur. Ce dernier, appelé aussi le maître par les membres de sa communauté, prend peu à peu sous son aile Freddie, et l’utilise pour tester ses méthodes de développement personnel.

The Master - Film

Ces deux personnages sont remarquablement bien interprétés par Joaquin Phoenix (Freddie) et Philip Seymour Hoffman (Dodd). Le premier a entrepris un travail impressionnant sur le plan physique (il a perdu près de vingt kilos), et parvient à se créer des tiques et une façon de se déplacer très particulière, donnant réellement l’impression d’un être n’ayant plus toute sa tête et frappé de plein fouet par l’alcoolisme.
Quant à son acolyte, P. S. Hoffman campe parfaitement le rôle du baratineur sûr de lui et très charismatique, finalement peu méchant, tout au plus colérique. Il ne paraît finalement pas très dangereux ni très inquiétant pour un supposé gourou, ce que l’on regrette un petit peu.

The Master - Film

L’autre grande réussite du film, c’est la reconstitution des années 50 ainsi que le travail sur la lumière et les couleurs tout à fait remarquables, offrant de magnifiques images. Il faut aussi préciser que le long-métrage a été tourné au format 70mm, format qui n’est quasiment plus utilisé de nos jours pour des raisons de coût, mais qui fît pourtant les beaux jours du cinéma dans les années 60 (LAWRENCE D’ARABIE, WEST SIDE STORY …). THE MASTER se révèle un vrai petit bijou visuel !

Malheureusement, malgré de très belles images et une interprétation excellente, le film ne parvient pas complètement à nous charmer. La faute principalement à une histoire qui s’enlise sans jamais réussir à rebondir, et qui devient par conséquent très ennuyeuse, surtout sur une telle durée (2h17).
On peut également regretter que l’aspect sectaire de la communauté ne soit que très peu exploité. Les membres ne paraissent jamais vraiment enfermés, contraints ou en danger. Il n’y a même pas de notion d’enclavement ou d’éloignement vis-à-vis du reste de la société. De ce fait, on a plus l’impression de voir un bonimenteur qu’un véritable gourou, et la dramaturgie de l’histoire s’en retrouve meurtrie.

Un dernier mot sur la musique composé par Jonny Greenwood, musicien du groupe anglais Radiohead : il avait déjà collaboré au précédent film de Paul Thomas Anderson, et à nouveau ici ses compositions collent merveilleusement bien à l’univers et l’ambiance générale.

Au final, THE MASTER se dévoile dans un bel écrin permettant à ses deux acteurs principaux d’être nommés dans de nombreux festivals et récompenses cinématographiques (et c’est amplement mérité) ; mais par manque d’audace dans son propos et en raison d’une histoire qui souffre d’une absence de relief, le projet finit malheureusement par ennuyer sur la longueur.

THE MASTER, sortie en France le 09 janvier 2013.

Article rédigé par Lui.

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5 commentaires

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  2. Je ne me suis pas ennuyé, sinon je suis à peu près d’accord !

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