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A BEAUTIFUL DAY : Joaquin Phoenix est complètement marteau

Présenté au Festival de Cannes 2017 sous son titre en version originale YOU WERE NEVER REALLY HERE, A BEAUTIFUL DAY a fait sensation sur La Croisette, et une chose est sûre, le film n’a laissé personne indifférent !

Signé de la réalisatrice écossaise Lynne Ramsay (remarquée en 2011 avec WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN), ce long-métrage repose très largement sur les épaules épaisses de Joaquin Phoenix, métamorphosé pour ce rôle avec vingt kilos en plus, une barbe hirsute et des cheveux longs.

Alors que la fille d’un sénateur disparaît, Joe, un vétéran brutal et torturé, est chargé de la retrouver coûte que coûte. Confronté à un déferlement de vengeance et de corruption, Joe est entraîné dans une spirale de violence à l’issue incertaine.

Évoquant pêle-mêle TAXI DRIVER, MANIAC, DRIVE, ou encore HENRY PORTRAIT D’UN SERIAL KILLER, le film de Lynne Ramsay n’est rien de moins qu’une évocation de la brutalité et de la violence sous toutes ses formes. Violence physique évidemment, mais aussi violence psychologique, mentale, violence perverse (la pédophilie et la prostitution d’adolescentes), violence incontrôlée, violence de certains silences.

Porté par un Joaquin Phoenix habité, possédé par son personnage, totalement dévoué à sa réalisatrice qui le pousse dans ses retranchements, A BEAUTIFUL DAY suit en permanence le personnage de Joe qu’il interprète. La caméra ne le lâche pas d’une semelle, et même lorsqu’il n’est pas physiquement présent à l’écran, Joe imprègne toute l’atmosphère du film, par le biais d’une caméra tantôt subjective, ou bien juste à côté de l’acteur à peine visible mais si imposant.

Ce personnage, vétéran aux traumas multiples (de son enfance à son vécu à la guerre), se révèle tout autant acteur de cette violence extrême que victime.
À travers des flashbacks disséminés tout au long du récit, on reconstruit partiellement le puzzle de la vie chaotique de cet homme quasi muet, dont l’existence peine à trouver un sens.

A BEAUTIFUL DAY a été également récompensé au Festival de Cannes 2017 du prix du Scénario, mais l’on peut s’étonner qu’il n’ait pas plutôt reçu le Prix de la Mise en Scène ! Car Lynne Ramsay atteint un niveau de perfection esthétique assez rare, surtout que celle-ci sert totalement le propos du film. Avec un rythme fracturé, haché, brutal là aussi, et beaucoup de séquences tournées en plans fixes comme des tableaux bruts, A BEAUTIFUL DAY nous happe littéralement et l’on a du mal à reprendre notre souffle.

A BEAUTIFUL DAY questionne des sujets complexes mais passionnants, et il le fait avec des parti-pris esthétiques forts et ultra cinématographiques. D’ailleurs, outre les choix de mise en scène de la réalisatrice, on se doit également d’évoquer la bande-son composée & interprétée par Jonny Greenwood du groupe Radiohead, qui plaque des sons aussi lancinants et brutaux que ce qui se passe à l’écran.


À travers cette variation sur le thème de la violence sous toutes ses formes, de ses plus bas instincts à ses versions les plus perverses et sadiques, on y voit également une réflexion sur le rapport du masculin au féminin (le personnage de Joe s’occupe avec beaucoup de patience de sa mère très âgée, à tel point qu’il vit avec elle ; et c’est auprès de Nina, la fille du sénateur, qu’il trouve à la fois un alter ego et un sens à ses actes).

Film radical et brutal, dont on peut regretter qu’il ne dure pas un peu plus longtemps afin d’aller vraiment jusqu’au bout de sa démarche, A BEAUTIFUL DAY ne laisse pas indifférent. Pas dit que ce soit le genre de film à mettre devant tous les yeux, mais une chose est certaine : Joaquin Phoenix n’en finit plus de nous impressionner.

A BEAUTIFUL DAY, sortie en France le 08 novembre 2017.

Article rédigé par Elle.

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