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MAIN DANS LA MAIN, réalisé par Valérie Donzelli

Main dans la Main afficheValérie Donzelli creuse son sillon film après film dans le paysage du cinéma français. Plébiscitée à chaque fois par la critique de manière quasi unanime, MAIN DANS LA MAIN est sa troisième réalisation, après le succès de LA GUERRE EST DÉCLARÉE sorti en 2011. Il faut dire que c’était assez difficile de rester insensible à ce film inspiré de sa propre histoire vécue avec Jérémie Elkaïm : le récit du combat acharné d’un jeune couple insouciant, qui se retrouve confronté à la maladie lors de la naissance de leur premier enfant, auquel on diagnostique un cancer.
Si elle avait réussi à nous embarquer dans le tourbillon de son histoire avec ce deuxième long-métrage en dépit des défauts inhérents à sa réalisation faussement artisanale, Valérie Donzelli parvient-elle à nouveau à faire opérer la magie ? MAIN DANS LA MAIN lui permet-il de réaliser la passe de trois ?

Très très loin du drama de LA GUERRE EST DÉCLARÉE, on est de prime abord plutôt content de savoir que la jeune réalisatrice a opté cette fois pour une comédie, revenant indirectement aux sources de LA REINE DES POMMES son premier long-métrage. MAIN DANS LA MAIN part sur un postulat improbable : la rencontre de deux personnes que tout oppose, Hélène Marchal directrice de l’Opéra Garnier, et Joachim Fox, jeune miroitier de province. Parce qu’ils échangent par accident un baiser, les deux individus se retrouvent alors totalement inséparables, à tel point qu’ils ne peuvent plus faire un pas l’un sans l’autre.

On ne va pas y passer par quatre chemins, regarder ce film a été véritablement un moment interminable ! Tout sonne faux et rien ne fonctionne, de telle manière qu’on ne sait plus par où commencer pour expliquer à quel point on s’est ennuyé. MAIN DANS LA MAIN cumule tous les défauts de la réalisation de Valérie Donzelli auxquels on commence certes à s’habituer depuis maintenant trois films. Cependant, là où elle était parvenue à nous les rendre à peu près acceptables avec LA GUERRE EST DÉCLARÉE grâce à une énergie dévorante à l’écran, et surtout grâce à une trame narrative qui faisait en permanence le liant entre toutes les séquences y compris les plus fantasques, ici elle se perd elle-même dans un récit foutraque qui à aucun moment ne fait sens.

Le principal problème de Valérie Donzelli, c’est que de toute évidence elle fourmille d’idées. Elle en a même peut-être un peu trop. Son autre problème inhérent à celui-ci, c’est qu’elle ne parvient pas à les canaliser et les structurer pour bâtir un scénario qui tienne la route du début à la fin. Sans garde-fou, elle laisse libre cours à son imagination, ses envies, et juxtapose alors des séquences les unes après les autres, en y disséminant sa loufoquerie et son goût du fantasque. Certes. Sauf qu’un long-métrage de cinéma ne s’adresse pas à son petit cercle d’amis qui s’amuseront sans doute de tout cela, mais bien à un public très varié qui a besoin de se raccrocher à quelque chose.

MAIN DANS LA MAIN laisse très rapidement le spectateur livré à lui-même, voire l’abandonne aux portes de l’Opéra Garnier où se déroule une bonne moitié du film. Et ce ne sont pas les scènes en province dans une famille qu’on nous vend comme farfelue alors qu’elle frise la caricature assez borderline, qui permettent de rendre l’ensemble plus accessible, bien au contraire.

Main dans la main - le film

Et puis ce qui est ennuyant avec ce film, c’est qu’il s’agit d’une comédie qui n’est jamais drôle. On voit bien les efforts évidents de Valérie Donzelli pour provoquer des situations incongrues, donner du grain à moudre à ses comédiens (et elle les aime ses comédiens, de toute évidence), et se dire que ça devrait bien finir par faire rire le spectateur puisqu’elle, ça semble beaucoup l’amuser. Mais là encore, on se sent gêné de ne pas rire devant tant d’efforts qu’il faut bien reconnaître, être totalement vains (on peut citer par exemple la scène de danse entre Donzelli et Serge Bozon). L’absurde est un genre bien particulier dans la comédie et extrêmement difficile à manier. Très peu y arrivent avec brio, et force est de constater que la réalisatrice ici surestime quelque peu sa capacité à l’appréhender.

Alors oui bien sûr, il y a Valérie Lemercier dans MAIN DANS LA MAIN, et ce n’est pas une découverte, son talent de comédienne est une nouvelle fois impressionnant tant elle parvient systématiquement à tirer vers le haut des scènes pourtant très bringuebalantes. Mais toute sa générosité, sa folie communicative et son énergie inébranlable ne sont tristement pas suffisantes pour sauver des eaux la flottille de Valérie Donzelli, qui à trop vouloir jouer la carte du cinéma artisanal, sympathique et bienveillant de manière si appuyée, finit par provoquer tout le contraire et donner à son travail des allures extrêmement prétentieuses et agaçantes.

MAIN DANS LA MAIN, sortie en France le 19 décembre 2012.

Article rédigé par Elle.

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6 commentaires

  1. Superbe article. Merci.

  2. Eh bien de mon côté, et contre toute attente, j’ai bien aimé ce film… Je détaillerai pourquoi demain sur le blog!

    • Bonjour,
      N’hésites pas à nous en dire quand même quelques mots ici rapidement, et tu peux sans problème venir poster le lien de ton article ici dés qu’il est en ligne, aucun problème pour nous 😉
      Je me doute de toutes façons, qu’il doit y avoir des avis bien contraires au mien, et tant mieux.
      Par contre, pourquoi tu dis « contre toute attente » ? Tu n’avais pas aimé ses précédents films, ou tu t’attendais à ne pas aimer MAIN DANS LA MAIN ?

      À Bientôt 😉

  3. Bonjour, je suis d’accord avec votre article; j’ai bien aimé le film dans ses scènes drôles mais moins dans ses scènes dramatiques; ce film manque de professionnalisme dans le sens où le scénario est trop dramatique et pas assez drôle, et la réalisation fait trop amateur et pas assez habillée par une mécanique comique huilée; je m’attendais à voir une comédie romantique mais c’est plus une comédie dramatique, ça fait art et essai au lieu de grand public; on passe un bon moment mais déçu quand même.

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