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DARK SHADOWS, réalisé par Tim Burton

DARK SHADOWS est la quinzième réalisation de Tim Burton et la huitième collaboration entre le réalisateur et Johnny Depp. Il s’agit de l’adaptation au cinéma d’une série télévisée américaine de la fin des années 70.

En 1760 la famille Collins quitte Liverpool pour s’installer dans la région du Maine dans ce qui est en train de devenir les États-Unis. Leur fils Barnabas hérite de l’empire commercial fondé par ses parents. Mais sa servante Angélique Bouchard, amoureuse de lui et ne supportant pas de le voir repousser ses avances, lui jette un sort et le condamne à devenir un vampire. Elle provoque aussi le suicide de Josette, la fiancée de Barnabas. Deux siècles plus tard, en 1972, Barnabas Collins est réveillé et sorti de sa tombe par erreur par des ouvriers de chantier. Il se retrouve alors confronter aux seventies, à une ville qu’il ne reconnaît pas, et découvre ses héritiers.

On ne va pas voir DARK SHADOWS en espérant être surpris. S’il est coutume de dire que Tim Burton peine à se renouveler et à retrouver l’inspiration depuis au moins quatre ou cinq films, c’est que cela est assez vrai. Ses défenseurs vous expliquent pourtant qu’il a son univers, ses codes, et qu’il bâtit film après film un environnement cinématographique identifiable et marqué de son empreinte. Certes.
Il n’en demeure pas moins que depuis CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE, on s’ennuie passablement devant les œuvres de Burton, à trop y retrouver sans cesse les mêmes typologies de personnages, les mêmes références, les mêmes codes couleurs, et parfois quasiment les mêmes trames scénaristiques.
L’un des soucis de Tim Burton aussi, c’est qu’il travaille depuis des années avec les mêmes personnes, à commencer par Johnny Depp donc, mais on peut aussi citer Danny Elfman. La fidélité est une bonne chose, mais dans le cas du réalisateur californien, il semble par moments qu’elle l’empêche de se réinventer complètement.

DARK SHADOWS place immédiatement le spectateur en terrain balisé, et dès le pré-générique on retrouve la signature du réalisateur. Les décors sont sombres, la musique & le récit en voix-off des mésaventures de Barnabas participent également à placer des repères familiers. Puis soudain, un plan sur un train traversant à vive allure les forêts automnales du Maine rompt brutalement cette introduction. Et cette rupture fait du bien car elle casse ainsi ce qui semblait déjà trop vite nous ramener dans les précédents films de Tim Burton.
DARK SHADOWS - photo du film 2

La première moitié du film va user de cet effet de rupture, et le début nous emballe assez grâce à l’exploitation faite par Burton du terreau à idées que lui offrent les années 70. Évidemment, on ne peut s’empêcher de penser à Edward aux mains d’argent qui découvrait la société consumériste américaine, quand on voit ici Barnabas faire un bond dans le temps en 1972. Cependant, le réalisateur exploite également d’autres codes intéressants, notamment ceux de la famille. Plus de vingt ans après BATMAN, LE DÉFI, Michelle Pfeiffer tourne à nouveau sous la caméra burtonienne pour un rôle de maîtresse de famille dominatrice. La jeune Chloe Moretz incarne quant à elle une ado délurée, fan d’Alice Cooper. La galerie de personnages nourrit alors celui joué par Johnny Depp et à la différence des précédents longs-métrages de Tim Burton, il n’est pas seul à porter le dynamisme de l’histoire.
Il faut aussi dire un mot d’Eva Green qui travaille pour la première fois avec le réalisateur. Tout à la fois son personnage et elle-même apportent une certaine fraîcheur à l’ensemble, ainsi qu’une dimension érotique et sexuelle jusque là très peu présente dans les films de Burton (il faudrait peut-être remonter justement jusqu’à la Catwoman incarnée par Michelle Pfeiffer pour retrouver cela …).
DARK SHADOWS - photo du film 1

Un autre aspect intéressant dans DARK SHADOWS, c’est cet équilibre réussi entre la bande-son grandiloquente orchestrée par Danny Elfman, et une playlist de morceaux des années 70, allant des Carpenters à Alice Cooper cité précédemment. Là aussi, cela contribue à donner du rythme au film et à rompre par moments la linéarité de la trame.
À cela s’ajoute un humour fantasque distillé par touches à des instants bien choisis, permettant de donner de l’air à la fois aux personnages, à l’ambiance générale du film, et permettant aussi de tenir l’attention du spectateur.

En revanche, ce long-métrage aurait clairement gagné à être un peu moins long afin de conserver son rythme jusqu’au bout. De plus, le dernier quart d’heure et la séquence finale sont franchement ratés, trop boursoufflés, trop longs une fois encore, et mélangeant soudainement trop d’éléments nouveaux venus un peu de nulle part (on pense notamment au personnage de Chloe Moretz par exemple).

Loin des œuvres fondatrices du cinéma de Tim Burton et de ses premiers chefs-d’œuvre, DARK SHADOWS nous ramène quand même à un niveau que le réalisateur avait grande peine à atteindre dans ses dernières réalisations. Son travail minutieux, le soin apporté aux détails, sa direction et sa création artistiques, le plaisir à faire des films qu’il nous communique à chaque fois, et l’attachement qu’il porte à ses comédiens, restent des éléments évidents dans son cinéma.

DARK SHADOWS, sorti en France le 09 mai 2012.

Article rédigé par Elle.

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