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L’AFFAIRE SK1 : Recherche Serial Killer désespérément

L'AFFAIRE SK1 - affiche France film Personnaz Frederic Tellier - Go with the BlogSK1 pour Serial Killer numéro 1. C’est le nom de code que la Police Judiciaire française a donné dans les années 90 à celui qui était aussi surnommé par les medias « le tueur de l’est parisien ».
L’AFFAIRE SK1 revient en effet sur la traque d’un tueur en série qui sévit à Paris pendant huit années durant, s’en prenant à des jeunes femmes à qui il faisait subir les pires sévices. Lorsque le jeune inspecteur Franck Magne (interprété par Raphaël Personnaz) se retrouve en poste au 36 Quai des Orfèvres à Paris, il se voit confier comme première enquête le meurtre abominable d’une jeune fille. Il est alors le premier à suggérer un rapprochement avec des dossiers antérieurs similaires, et commence ainsi un travail de longue haleine qui le conduit à traquer ce tueur mystérieux pendant plusieurs années, un tueur qui échappe à la police à plusieurs reprises.

Au-delà du fait divers, ce long-métrage nous (re)plonge à la fois au cœur d’une époque tourmentée en France (les années 90, les attentats terroristes à Paris, l’intérêt des medias pour les affaires judiciaires, …), et au sein d’une division de la Police où les hommes sont mis à rudes épreuves.

L'AFFAIRE SK1 - image 4 du film Personnaz Frederic Tellier - Go with the BlogPremier long-métrage du réalisateur français Frédéric Tellier, L’AFFAIRE SK1 est a fortiori un projet franchement ambitieux. D’abord parce que ce film revient sur une des histoires criminelles les plus sordides que la France ait connu, ensuite parce que le fameux « tueur de l’est parisien » a marqué toute une époque à la fois d’un point de vue  psychologique (une véritable psychose hantait la ville de Paris au moment où les meurtres de jeunes femmes se multipliaient), mais aussi policier et judiciaire.

Frédéric Tellier a longuement mûri son projet et s’est beaucoup documenté en amont de la réalisation de son film. Incontestablement, cela se ressent, tout est extrêmement précis dans le récit de L’AFFAIRE SK1, rien n’est laissé au hasard. Dépassant largement le fait divers, le film se préoccupe tout autant de la bête traquée que de ceux qui mènent la traque. Profondément humain, L’AFFAIRE SK1 s’attache à montrer des hommes et des femmes dont le quotidien de leur travail ne leur épargne rien. En cela, on pense beaucoup au film L627 de Bertrand Tavernier, qui montrait de la même manière et avec beaucoup de justesse et d’âpreté, la rage, la conviction et aussi parfois l’impuissance d’enquêteurs confrontés à une réalité violente.
L'AFFAIRE SK1 - image 2 du film Personnaz Frederic Tellier - Go with the Blog
Entre la justesse de la reconstitution des méthodes d’enquête et celle des années 1990, L’AFFAIRE SK1 réussit pleinement à relever ce défi qui était le sien. Le réalisateur a pu également s’appuyer sur un casting au diapason, à commencer par Raphaël Personnaz qui tient le rôle principal. Le comédien apporte beaucoup d’humanité à une histoire effroyable qui semble en être absolument dépourvue. Et c’est dans les doutes, les errances, et la fatigue qui accablent son personnage (que l’on voit évoluer au fil de ces huit années d’enquête) qu’il touche véritablement le spectateur.

On ne peut pas citer tout le casting, et pourtant les seconds rôles au sein de la Police Judiciaire sont tous franchement super intéressants, mais on se doit de mentionner un toujours impeccable et irréprochable Olivier Gourmet, de souligner la grande justesse de Nathalie Baye dans le rôle certes présent en pointillés mais très complexe, de l’avocate du tueur.

Et puis surtout, il y a Adama Niane qui campe Guy Georges, le serial killer parisien. Véritable révélation du film, l’acteur nous glace le sang lors d’une scène d’aveux absolument effroyable, ou encore pendant les séquences de son procès, où la froideur de son regard risque fort de marquer les spectateurs !
L'AFFAIRE SK1 - image 6 du film ADAMA NIANE Frederic Tellier - Go with the Blog

L’AFFAIRE SK1 nous a profondément marqués, car ce film trouve un équilibre très intéressant et pertinent entre l’humanité de ceux qui s’évertuent d’accomplir au mieux leur travail, y compris parfois quand les obstacles bureaucratiques s’accumulent, et la déshumanisation d’un individu quasi impénétrable, dont les actes de tortures sont insoutenables ne serait-ce qu’à entendre.

Par ailleurs, le réalisateur Frédéric Tellier a eu également l’audace de beaucoup montrer les scènes de crime et les corps des victimes, soit frontalement, soit à travers les photos de la police que l’on voit clairement en plein écran. Il est important de relever ce point car c’est très rare dans le cinéma français, que l’on ose montrer ainsi des corps mutilés, ensanglantés, et les visages des victimes.

Alors si certains reprocheront peut-être le manque de parti-pris et d’identité dans la mise en scène, on se doit absolument de saluer cette prise de risques essentielle, qui permet de saisir véritablement toute l’atrocité à laquelle les enquêteurs de la Police Judiciaire doivent faire face.
L'AFFAIRE SK1 - image 3 du film Personnaz Frederic Tellier - Go with the Blog
Premier choc cinématographique de l’année 2015 pour nous, L’AFFAIRE SK1 ne sera pas une partie de plaisir, il faut en être prévenu ! Violent de par ce qu’il raconte, le film est une plongée dans les méandres d’une enquête complexe et d’une traque usante pour les hommes. Entre la petite histoire humaine et l’histoire criminelle hors norme, L’AFFAIRE SK1 donne à voir l’indicible. Et c’est déjà une prouesse.

L’AFFAIRE SK1, sortie en France le 07 janvier 2015.

Article rédigé par Elle.

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9 commentaires

  1. Vu en avant première, l’affaire SK1 est un « docu-fiction » sur l’affaire Guy Georges, on suit d’une part l’enquête avec l’inspecteur Franck Magne joué par Raphaël Personnaz, de l’autre le procès avec l’avocate de la défense, Frédérique Pons joué par Nathalie Baye.
    La photographie du film évolue avec la chronologie et les avancés technologiques, du grain façon pellicule au début de l’enquête pour une période sans informatique ni test ADN vraiment concluant jusqu’au numérique pour le procès se passant en 2001.
    Un film relativement lourd qui secoue avec des émotions bien retranscrites, et également très intéressant grâce notamment à ces 2 personnages d’inspecteur et d’avocate très bien interprétés.
    A souligné une remarque d’une jeune femme dans la salle, les noms des victimes sont cités plus de fois que le nom du coupable, habituellement on se souvient plus de celui de ce dernier… à tort.

    • Bonjour Spe64,

      Merci pour ton premier avis sur le film !
      Tu fais une remarque très juste sur l’évolution de l’image dans le film en fonction de la chronologie, effectivement.

      C’est un film qui secoue, en cela c’est pour nous un film important, qu’on recommande absolument.
      Merci à toi pour ton commentaire.

  2. Bonjour Spe64, je suis entièrement d’accord avec toi.
    On remarque une véritable recherche dans les moyens technologiques d’époque.
    On rencontre à travers ce docu-fiction un Adama Niame alias « Guy George » glaçant, qui inspire littéralement la peur et le mépris, avec des accès de rage très violents.
    Néanmoins ce qui me paraît le plus important c’est que Frédéric Tellier traite avant tout des équipes de police.
    Raphaël Personnaz campe un rôle de jeune recrue prometteuse dit « Charlie Magne » que l’on voit évoluer et tomber lentement dans une spirale de désespoir. De plus, on sent que cette affaire torture toute une équipe ce qui finit par avoir des conséquences sur leurs liens familiaux et les mettent dans un état de stress insoutenable.
    Une Nathalie Baye extraordinaire dans le rôle de l’avocate de l’indéfendable.
    La façon de mettre en scène les corps mutilés de toutes les femmes est relativement insoutenable.
    On est plongé dans une ambiance effrayante pendant 2 heures.
    Je recommande grandement ce film aux internautes.

    • Bonjour Romain,

      Merci beaucoup d’apporter ton avis sur le film. Toutes tes remarques sont intéressantes, surtout on apprécie de voir ce qui t’a le plus marqué dans le film !
      Les acteurs sont en effet tous très bons, et tu as raison de dire que Frédéric Tellier s’est surtout attaché à montrer les hommes, les équipes du 36 Quai des Orfèvres, à montrer l’humain. Je pense que c’est la grande force de ce long-métrage.

      Merci à toi, à très bientôt sur Go with the Blog ! 🙂

  3. tres bon film, tres rude. l’acteur qui joue Guy Georges a été trés bon je trouve car c’est pas un role tres facile.
    en voyant le film je me suis dit que vu les coïncidences avec les tueurs potentiels ils n’ont vraiment pas eu de chance (genre le mec du tél ou l’ex) .

    film a voir mais pas seule le soir tard 😉

    • Hello Xiaofeng,

      Merci beaucoup de ton avis sur L’AFFAIRE SK1 !
      Le film, de par son histoire, est plutôt rude et éprouvant, tu as raison.
      C’est vrai que si on est une fille, on ressort de ce film pas super rassurée…

  4. Tout le monde à vu le même film sur cette page. Ce qui semble souligné le bien que l’on lui trouve.

    Bon film policier fr, le meilleur de ces derniers mois. Comprendre le fonctionnement d’une grosse affaire, surtout le vécue glauque des horreurs vues par les flics (merci l’effet Polisse) comme rarement évoqué et montré. Le jeu de la défense aussi face à la monstruosité derrière l’homme. Le tout avec une remarquable sobriété.
    A noter du grain pour la partie policière en flashback. Ne venez pas pleurer votre BD.

    • Bonjour widescreen,

      Merci pour ton commentaire sur le film L’AFFAIRE SK1.
      Il y a un mot que tu emploies et qui est important : la sobriété.
      C’est important de le dire en effet : tant dans le traitement de la chasse à l’homme que dans celui du procès (et du profil psychologique de G.Georges qui va avec), le réal a su faire preuve de sobriété, avec une certaine intelligence.
      Tout n’est pas parfait, mais il a évité soigneusement d’un faire un simple monstre débile et/ou barge, et de même du côté de l’équipe de flics, on ne nous les présente pas non plus comme des héros du quotidien, mais simplement des mecs qui font ce qu’ils peuvent.

      À bientôt sur Go with the Blog 🙂

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