PLAYOFF : proche du air-ball

PLAYOFF est librement inspiré de la véritable histoire de Ralph Klein, charismatique joueur israëlien d’origine allemande, et coach du Maccabi Tel-Aviv. Ce long-métrage de Eran Riklis s’attarde sur une singulière partie de sa vie, celle où il devient entraîneur de l’équipe de basketball d’Allemagne de l’Ouest en 1982.

Cette nomination n’est pas anodine en raison de son parcours. Né à Berlin en 1931 et juif, il doit fuir l’Allemagne nazie avec sa mère et perd son père à Auschwitz. Coincé entre sa terre d’accueil Israël qui le considère comme un traître, et le pays qui fut autrefois le sien mais où il est désormais un étranger, le héros du film Max Stoller (double fictionnel de Ralph Klein) tente de concilier son passé et son présent.

Cette incroyable histoire est un très beau sujet cinématographique sur les thèmes de la réconciliation, du pardon et aussi du devoir de mémoire. Et si ces sujets sont évoqués, le réalisateur s’attarde avec sa galerie de personnages sur un autre problème, celui de la perte du père. En effet, trois personnages principaux ont pour point commun d’avoir un père absent. Max Stoller l’entraîneur, tente de comprendre comment son père est mort lors d’une arrestation de la Gestapo en 1943. Ensuite le jeune capitaine de l’équipe allemande, Thomas, peine à faire le deuil de son paternel, héros de la seconde guerre mondiale et oublié par sa patrie. Quant au troisième protagoniste, il s’agit d’une musulmane d’origine turque immigrée en Allemagne, dont le mari et père de sa fille a disparu sans laisser aucune trace.

La perte du père quelque soit sa forme est une étape douloureuse et source de réflexions sur la quête de soi, donnant lieu à un traitement cinématographique qui peut se révéler intéressant et pertinent. Cependant dans le cas présent de PLAYOFF,  cohabite une histoire encore plus dramatique et fondamentale. On ne peut qu’être quelque peu surpris par ce choix de se focaliser sur la question du père,  alors que plane celle de la Shoah et des rapports entre les juifs et l’Allemagne post-nazie.

Le personnage principal a une histoire très particulière et représente un symbole fort, mais le réalisateur semble passer à côté ne se focalisant que sur un point, certes également important, mais il oublie se ce concentrer sur l’essentiel. À se demander pourquoi s’inspirer d’un personnage réel qui a connu une existence aussi complexe et singulière.

Néanmoins, si l’on admet ce choix, le spectateur assiste quand même à un film assez décevant. Notons certes l’excellente prestation de Danny Huston dans le rôle de Max Stoller, mais qui n’arrive malheureusement pas à lui seul à sauver le projet. Tout d’abord, ce long-métrage manque de finesse, les clichés et les lourdeurs cinématographiques y sont légions, comme la bande-son assez plombante. Ensuite, on se perd dans une somme de parcours qui finissent en voies de garage. Au départ, on s’attarde sur le travail de l’entraîneur et ses difficultés à prendre les rennes d’une équipe faible ; puis soudain on ne parle plus du tout de basketball, excepté dans les deux dernières minutes comme si on se rendait compte qu’on ne pouvait visiblement pas laisser la situation telle quelle … Il en est de même en ce qui concerne le personnage de Thomas, le capitaine de l’équipe de la Mannschaft, qui elle ne connaît pas réellement d’aboutissement.

Il est fort dommage de s’inspirer d’un parcours si singulier comme celui de Ralph Klein, pour en faire quelque chose de si banal et surtout de si bancal. C’est avec un gros regret et un début de lassitude que nous sommes ressortis de la salle, avec l’envie de vite passer à autre chose.

PLAYOFF, sortie en France le 04 juillet 2012.

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Article rédigé par Lui.

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