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Hommage à George A. Romero, le maître du film de zombies

George A. Romero n’est pas forcément de ces réalisateurs ultra populaires auprès du grand public, il faut dire aussi qu’il a consacré toute sa vie aux films de genre, alors forcément … Malgré cela, ses héritiers aujourd’hui sont légions, et nombreux sont les cinéastes et les réalisateurs de séries télévisées qui lui doivent énormément à l’heure actuelle !

Derrière le père et le pionnier du film de zombies qu’il est, George A. Romero nous laisse surtout en héritage une filmographie passionnante et visionnaire sur bien des sujets et bien des aspects.

C’est très rare que nous publiions des articles hommage sur notre Blog, mais dans le cas de George A. Romero, nous avions envie d’évoquer quelques uns de ses films qui nous ont tant apporté à titre personnel, et surtout nous ont appris à regarder (et à lire) les films de genre autrement.

Décédé le 16 juillet 2017 à l’âge de 77 ans à Toronto, le cinéaste américain a toujours porté plusieurs casquettes : celle de réalisateur, mais aussi celle de scénariste pour la quasi totalité de ses films, acteur à l’occasion, monteur, et même producteur quand cela était nécessaire.

Entre 1968 (date de sortie de son tout premier long-métrage) et 1985, George A. Romero réalise ce qu’on appellera ensuite la ‘trilogie Zombies’.
LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (THE NIGHT OF THE LIVING DEAD) – 1968
ZOMBIE (DAWN OF THE DEAD) – 1978
LE JOUR DES MORTS-VIVANTS (DAY OF THE DEAD) – 1985

Jusque lors considéré comme un sous-genre cinématographique apparenté à la série Z ou à la série B, le film de Zombies acquiert une toute autre dimension lorsque Romero réalise LA NUIT DES MORTS-VIVANTS en 1968.
Tourné avec un micro budget, LA NUIT DES MORTS-VIVANTS met en scène un personnage principal noir, interprété par l’acteur Duane Jones, et cela un an seulement après la fin de la ségrégation aux États-Unis ! Mais surtout, ce personnage est celui qui tente de sauver et de protéger les autres de l’attaque des zombies. Et son sort à la fin de l’histoire (abattu par la police qui le confond avec un zombie) renforce encore un peu plus l’évident message politique du film.

Dix ans plus tard, en 1978, George A. Romero reste plus que jamais un observateur visionnaire de son époque : avec ZOMBIE (DAWN OF THE DEAD), il dépeint et dénonce les dérives consuméristes d’une société américaine alors en pleine frénésie capitaliste.

Retranchés dan un centre commercial géant, les survivants qui tentent de résister à l’assaut des zombies (figures de l’aliénation consumériste), sont eux aussi tout autant des victimes d’une société obsédée par la consommation à outrance. Revoir ZOMBIE (DAWN OF THE DEAD) aujourd’hui en 2017 ne peut que nous renvoyer en miroir ce que nos sociétés modernes (et toujours plus consuméristes) ainsi que nous-mêmes, sommes devenus. Visionnaire Romero, on vous l’a dit !

En 2004 pour son tout premier film comme réalisateur, Zack Snyder choisit de faire un remake de ZOMBIE, intitulé L’ARMÉE DES MORTS en français (DAWN OF THE DEAD en VO). Sur un scénario d’un certain James Gunn (tiens, tiens, on retrouve le futur papa au cinéma des GARDIENS DE LA GALAXIE), L’ARMÉE DES MORTS reprend principalement deux éléments du film originel : l’attaque des zombies, et l’unité de lieu dans le centre commercial. Pour le reste, les personnages diffèrent ainsi que l’action et le récit.
Néanmoins, L’ARMÉE DES MORTS se révèle comme un remake de très bonne facture, adoubé par George A. Romero lui-même, et le film rencontre un beau succès en salles.

Après LE JOUR DES MORTS-VIVANTS en 1985 (qui clôt donc la trilogie), Romero attendra vingt années avant de revenir à ses chers Zombies. En 2005, il signe ainsi LE TERRITOIRE DES MORTS (THE LAND OF THE DEAD), avec un casting de haute tenue qui compte dans ses rangs Simon Baker, Dennis Hopper, Asia Argento, et John Leguizamo.
Ce film (que l’on aime beaucoup ici) présente un double intérêt : d’abord il offre une vision plus développée et plus structurée de la communauté Zombies, avec une contamination plus redoutable et surtout des Zombies qui s’organisent entre eux.
D’autre part, LE TERRITOIRE DES MORTS fustige ouvertement (peut-être avec un manque de finesse diront certains) les déséquilibres sociaux de nos sociétés, et le fossé de plus en plus grand entre les différentes classes sociales, ainsi que la toute-puissance des plus riches. Là encore, George A. Romero regarde le monde qui l’entoure droit dans les yeux, et nous en propose une peinture au vitriole.


Enfin en 2008 et 2009, Romero clôt sa seconde trilogie Zombies avec CHRONIQUE DES MORTS-VIVANTS (DIARY OF THE DEAD) et LE VESTIGE DES MORTS-VIVANTS (SURVIVAL OF THE DEAD). Pas forcément les plus inspirés, ces deux films restent néanmoins intéressants dans ce qu’ils disent de notre obsession moderne de l’image, ainsi que de la place des médias dans nos vies.

Dans la filmographie de George A. Romero, il n’y a pas que les films de Zombies. D’ailleurs c’est peut-être justement dans ses autres réalisations que l’on trouve les pires cauchemars cinématographiques du cinéaste, ses récits les plus angoissants et aussi les plus fascinants.
Parmi ces films donc, on se doit de citer MARTIN et LA PART DES TÉNÈBRES (THE DARK HALF). Mais celui que l’on préfère ici, c’est INCIDENTS DE PARCOURS (MONKEY SHINES en VO – la traduction du titre en français est particulièrement mauvaise, au passage).


Tourné en 1988 (et premier réalisation entièrement en studios pour Romero), MONKEY SHINES est adapté du roman de Michael Stewart. Il raconte l’histoire d’un jeune scientifique brillant et promis à un grand avenir, qui se retrouve paraplégique après un accident. D’abord totalement désespéré par sa condition, le jeune homme reprend goût à la vie lorsqu’un de ses amis lui confie un singe capucin éduqué pour l’assister dans les tâches du quotidien. Mais peu à peu, le singe développe un comportement agressif envers les autres, et très exclusif envers son maître.

MONKEY SHINES est un vrai thriller angoissant et à la tension crescendo particulièrement bien maîtrisée ! Surtout, il aborde des thèmes comme notre rapport aux animaux et leur servitude, notre rapport à la science et ses limites expérimentales, ainsi que le repli sur soi et le rapport aux autres et à l’extérieur.

On pourrait écrire des pages entières sur chacun des films que nous laisse George A. Romero, tant le cinéaste a toujours eu pour obsession de donner du sens à son travail.
Aussitôt après l’annonce de son décès, de nombreux réalisateurs (et pas des moindres) ont immédiatement voulu saluer l’héritage majeur que représentent les films de George A. Romero, et l’influence considérable qu’a eu (et risque de continuer à avoir encore pendant longtemps) celui qui a su voir avant les autres à quel point les zombies étaient nos semblables (… ou l’inverse 😉 ).

Article rédigé par Elle.

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