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DEAR WHITE PEOPLE : United Colors Of Humour

Dear white people - Go with the Blog - Affiche du film

Après avoir fait des études de cinéma et travaillé pour la Paramount, Justin Siemen réalise son premier film, tourné en seulement vingt jours : DEAR WHITE PEOPLE. Il nous raconte les expériences qu’il a vécues en tant que noir au cours de ses années universitaires, à travers une galerie de personnages au caractère bien trempé.

Son film, volontairement bourré de clichés, met en scène quatre étudiants noirs dans l’une des plus prestigieuses universités américaines. Divisée en plusieurs fraternités, l’Université fait face à de nombreuses tensions. Ce film très « génération Obama » apporte un regard moderne et actuel sur les relations entre les noirs et les blancs. Par conséquent, le racisme et les préjugés en tout genre sont largement exposés ici, et abordés avec provocation mais aussi beaucoup d’humour.
Chaque personnage symbolise une problématique spécifique, et a sa propre manière de réagir vis-à-vis des propos tenus par les blancs, un parti pris plutôt intéressant. De ce fait, on se met littéralement dans la peau de ces personnages principaux. Mais quelle issue au milieu de tout ça pour les tensions qui règnent au sein de l’Université ?

Dans DEAR WHITE PEOPLE, les personnages sont attachants et atypiques, volontairement proches de la caricature. Chaque personnage noir réagit différemment vis-à-vis de l’attitude des personnages blancs : Samantha (rôle tenu par Tessa Thompson), étudiante qui passe ses journées entre la radio qu’elle anime et son goût pour la provocation à l’égard des autres étudiants, se rebelle contre le système et prône l’égalité noirs/blancs avec férocité.
DEAR WHITE PEOPLE - Image du film 2 Happiness Distribution Comedy - Go with the Blog
De son côté Lionel, interprété par l’acteur Tyler James William (présent dans la saison 5 de THE WALKING DEAD), écrit dans le journal universitaire. Il se fait rejeter par tout le monde, pour son physique et son homosexualité. Il se sent seul, et finit par travailler pour un journal tenu par des blancs qui cherchent des infos croustillantes sur les noirs. Subissant ces inégalités à longueur de journée, il finit par comprendre qu’il doit s’affirmer !

D’autres personnages – comme Troy, incarné par Brandon P. Bell – tentent de rejoindre les fraternités universitaires des blancs, afin d’être en bonne posture et en bons termes avec tout le monde. Ces différentes réactions finissent par engendrer des tensions entre ceux de la communauté noire qui prônent la provocation, et ceux qui préfèrent une voie pacifiste.

Dear White People - Go with the Blog - Image1

Ce qui est intéressant dans les situations exposées par le film, c’est que chaque personnage est confronté à un problème différent ; le personnage de Sam par exemple se met le directeur de l’Université à dos et risque gros pour son avenir d’étudiante. Lionel quant à lui, se retrouve manipulé, maltraité et humilié.

Ils vont finalement tous se rejoindre et se mettre d’accord dans la dernière partie du film : à l’occasion d’une fête ouvertement raciste, des étudiant blancs se déguisent en noirs. Lionel s’étant fait inviter à cette soirée, il prend conscience de la teneur raciste de cette soirée, et de l’humiliation qu’il est en train de vivre.

DEAR WHITE PEOPLE - Image du film Happiness Distribution Comedy - Go with the Blog

La mise en scène choisie par Justin Siemen est assez ingénieuse : le réalisateur exploite dès le début de son film tous les clichés sur les blancs à l’aide de superbes ralentis, et d’une voix off représentant la radio de Sam, et qui ouvre par ces mots : « Dear White People … ».

Dès sa séquence d’introduction, DEAR WHITE PEOPLE capte notre attention et nous entraîne dans son approche bien spécifique de son sujet. L’utilisation de plans face caméra, où l’ont voit différentes réactions de blancs et de noirs vis-à-vis d’une même information, nous donne le ton et l’ambiance du film très rapidement.

Les musiques classiques (comme « Lettre à Elise » par exemple) provoquent un décalage intéressant, et accentuent clairement l’humour du film. Bien que ce code soit repris maintes et maintes fois, il fonctionne à merveille ! Le réalisateur arrive à nous faire osciller entre humour et indignation, avec une subtilité maligne et efficace.

Prenons l’exemple du personnage de Lionel : sa coiffure ‘disco’ est un élément humoristique assez fort au cours du film. Tandis qu’au moment de la fête raciste, cette coiffure devient un élément d’indignation lorsqu’elle est détournée.

DEAR WHITE PEOPLE - Image du film 3 Happiness Distribution Comedy - Go with the Blog

Clairement impertinent, DEAR WHITE PEOPLE remet au goût du jour la comédie satirique américaine, qui n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat ! Alliant humour et provocation, DEAR WHITE PEOPLE aborde le sujet complexe du racisme avec originalité et une vraie subtilité. Bien que le film soit plutôt destiné au public américain de part ses références et son univers universitaire très marqué, nous vous encourageons à voir cette comédie d’abord pour rire, mais aussi réfléchir et réagir.

Page Facebook officielle du film DEAR WHITE PEOPLE

DEAR WHITE PEOPLE, sortie en France le 25 mars 2015.

Article rédigé par Théotime.

DEAR WHITE PEOPLE - Bandeau Visuel Large Facebook Film - Go with the Blog

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2 commentaires

  1. Dear White People, un film qui se veut intelligent et pourtant…
    Oui, en sortant de la salle je me suis posée la question : Qu’est-ce que cela m’a apporté ? Pas grand-chose ! Et c’est fort dommage.
    Alors oui, il y a de nombreux arguments pendant tout le film, des points de vue différents, une touche d’humour (mais pas grand monde n’a rit dans la salle..).
    Dès le début du film, Sam sort les grands mots, on s’y perdrait presque !
    Beaucoup de stéréotypes (mais on s’en plaint pas ^^)

    La scène où Sam chasse Lionel dans la salle principale du déjeuner est affligeante… Petite déception de sa part car elle mène un combat pour son « peuple » et après elle n’accepte même pas Lionel alors qu’il ne fait pas de mal.

    Elle a une certaine dualité (et cela peut se comprendre étant donné qu’elle est « métisse »).

    Les références cinématographiques, littéraires et musicales ne sont pas comprises par tout le monde car comme l’avez bien précisé, le film s’adresse plus à un public américain. Nous n’avons pas la même culture et donc on rigole moins à ces références et c’est bien dommage.

    Du coup, et je m’en rends compte en écrivant cette remarque lol :
    Le film met en évidence un personnage principal (Sam) qui prône l’égalité blancs/noirs. Elle critique une société qui selon elle avantage certains et pas d’autres. Et pour le coup, le film ne s’adresse en fin de compte qu’à une partie de la population. Il n’est pas ouvert à un large public en fin de compte. Voyez l’ironie ^^

    Après, pour ma part, j’ai bien apprécié le film.
    J’ai bien rit, car je suis « bon public ».
    Mais je pense qu’il s’adresse qu’un public (US) ciblé (mais ce n’est que mon avis).

    PS : La fin, j’attendais plus… C’était un peu basique..

    • Hello Virginie,

      Wow, Merci pour ton avis sur le film ! 🙂

      Le fait que Sam sorte de grands mots dès le début permet d’identifier et de cerner ce personnage assez rapidement, cela ne m’a pas dérangé.
      C’est vrai que Sam est assez contradictoire dans ses décisions et actions. Mais au début du film, elle ne se rend pas compte du mal qu’elle peut faire, car son rôle de « doyenne », « présidente » de la fraternité, est tout nouveau pour elle. Ce qui l’amène à faire des erreurs et inégalités…

      En effet, il y a de nombreuses références que je n’ai pas saisies, elles s’adressent spécifiquement au public américain. C’est un film américain après tout, c’est normal que l’on ne capte pas toutes les références.
      Je suis d’accord avec vous ce point là.

      La fin est assez logique, et dénonce le racisme via des faits historiques, ce qui rappelle au public la réalité, et la violence des faits.

      Merci encore pour ton intéressant commentaire ! 🙂

      À bientôt sur Go With The Blog !

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