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BLUE RUIN : le renouveau du thriller angoissant

BLUE RUIN - affiche France - Go with the BlogBLUE RUIN est un thriller original, singulier, et qui avec peu de moyens mais une bonne écriture parvient à être palpitant ! C’est aussi le premier film de Jeremy Saulnier qui a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2013, au Festival du Cinéma Américain de Deauville ainsi qu’à celui de Sundance.

Dwight est un vagabond plutôt gentil, un marginal esseulé qui se débrouille tant bien que mal sous le regard bienveillant de la police. Il passe le plus clair de son temps à dormir et à lire, à bord de sa vieille bagnole bleue. Jusqu’au jour où un événement va le sortir de sa routine bien organisée. Alors que rien ne le prédisposait à cette destinée, il devient un tueur, ou pour être exact un vengeur. Mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que cette vengeance l’entraîne dans une vendetta et une cascade de circonstances qui le poussent à renouer avec son passé. Prisonnier d’une chute infernale, Dwight doit apprendre et se préparer à l’impensable, tout en se confrontant à une violence jusqu’au-boutiste.

BLUE RUIN est un film à très petit budget, ayant même eu recours au principe du crowdfunding pour exister. Mais cet obstacle financier a peut-être été finalement le point fort du film : à défaut d’avoir de gros moyens, ce long-métrage s’est concentré sur son écriture, et regorge de bonnes idées !
En effet, ce thriller est avant un tout une réussite scénaristique, mettant en avant un anti-héros tout à fait ordinaire, un homme qui doit tuer sans aucune expérience et contre son gré. Il se retrouve entraîné dans une spirale qu’il n’avait pas prévue.

L’inexpérience, les erreurs et le côté ‘tueur du dimanche’ du personnage de Dwight le rendent alors plus proche du spectateur, et cela est donc beaucoup plus immersif pour nous, que d’être confronté à un ancien flic à la retraite ou un ancien vétéran par exemples. Le suspens est omniprésent dans BLUE RUIN, et on se demande en permanence comment ce type ordinaire va réagir face à cette situation qu’il ne maîtrise pas.

blue ruin - images du film - go with the blog
Si l’histoire est réussie, on peut également le dire à propos du casting, à commencer par le personnage au cœur du récit, Dwight, interprété par Macon Blair. Totalement impliqué dans le projet et imprégné de son rôle, il a même décidé de ne pas se raser et de ne pas laver sa barbe pendant plus de 8 mois !
Macon Blair, encore peu connu du grand public, incarne à merveille ce personnage plutôt gentil et inoffensif à la base, qui doit partir en lutte contre plus fort que lui, et faire preuve de courage et d’ingéniosité en dépit des circonstances.

Haletant et crispant, BLUE RUIN n’essaie pas d’être moralisateur, et garde son côté tendu et sombre constamment. Les répits y sont très rares et l’on suffoque comme ce héros (bien malgré lui) en le voyant subir les événements les uns après les autres. Le spectateur est dans l’inquiétude de la suite des évènements et leurs conséquences, surtout qu’il y a une volonté forte dans la mise en scène d’être assez hyper réaliste à chaque instant.

blue ruin - image du film - go with the blog

Scénario intelligent et ultra saisissant, interprétation remarquable et réalisation efficace, BLUE RUIN est un thriller prenant, et surtout un bon premier film qui donne envie de suivre la suite du parcours du réalisateur et scénariste Jeremy Saulnier.

BLUE RUIN, sortie en France le 09 juillet 2014.

Article rédigé par Lui.

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5 commentaires

  1. Blue Ruin est un film fort car il prend le pari de coller au plus près de la réalité : par le rythme, l’image et la situation.

    C’est un film qui parle et qui raconte une histoire en se contentant parfois de l’image et c’est ainsi que l’on reconnait les grands réalisateurs (technique utilisée par Hitchcock qui lui a valu le titre de Maître du suspens, mais que personne ne reprend (?)). Donc pur bonheur visuel, ce film fait confiance à son spectateur qui prend plaisir à reconstituer de scènes en scènes l’histoire de Dwight et de le comprendre à chaque fois un peu plus.

    Un scénario brillant qui sait prendre le temps de respirer et de nous prendre par surprise. Jeremy Saulnier montre ici l’absurdité de la violence/vengeance et comment l’Amérique entretient cette violence, par leur politique du port d’arme et par les américains de sous-cultures (appelés chez eux les White Trash), qui ont perdu toute morale.

    Ce film reste en tête pendant longtemps, car nous ne pouvons-nous empêcher de se demander : « et nous, qu’est-ce que nous aurions fait à sa place ? La vengeance, oui, mais à quel prix ? Et jusqu’où ? Jusqu’à perdre la tête ? S’isoler du monde et attendre et finir par plus aimer sa voiture que sa soeur ?

    Les meilleurs films sont ceux qui pose des questions auxquelles on ne sait répondre.

    • Bonjour Annelyse,

      En effet, c’est un film qui pose beaucoup de questions et qui a le mérite de laisser le spectateur y réfléchir sans parti pris !
      Le scénario est vraiment la force de ce long-métrage, et laisse envisager le meilleur pour ce réalisateur. Hâte de voir sa prochaine réalisation ! 🙂

      Merci pour ton commentaire super passionnant et pour être venue le partager ici !
      À bientôt sur Go with the Blog ! 😉

  2. Cela commence assez fort sur la forme par un regard quasi de photographe sur le cadre alors que l’histoire semble difficile à se mettre en place. Puis un évènement précipite la quette de vengeance du personnage principal, un type banal, un américain moyen moins, face à des red neck pur jus. Ce que l’on gagne en récit, on le perd formellement. Pas que la caméra s’emballe, mais on perd avec une mobilité et un montage plus dans la norme. C’est un peu le problème du film, dès qu’une scène, une action, est un peu plus classique, l’intérêt chute. Reste que ce personnage atypique, ses appréhensions, ses actions-réactions aux choses, reste assez intriguant et surprenant. Une belle réunion du casting, de personnages, de récit et de mise en scène. Suffisant pour faire une plus que bonne séance et attendre avec beaucoup de curiosité le prochain film de ce Jeremy Saulnier.

    • Kub57,

      Merci pour ton point de vue.

      Blue Ruin est pour nous une bonne surprise grâce à son scénario et ses personnages. C’est un long-métrage intéressant et qui essaye d’apporter un regard neuf dans un genre assez éculé.

  3. C’est une révélation. Ce film est génialissime. Merci de m’avoir donné envie de le voir. C’est comme les frères Coen mais en un peu moins déjanté. Tous les personnages sont crédibles du coup, c’est pas pour me déplaire.

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