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120 BATTEMENTS PAR MINUTE : tous les cris, les S.O.S …

Présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2017, et récompensé du Grand Prix à cette occasion, 120 BATTEMENTS PAR MINUTE est le troisième long-métrage réalisé par le français Robin Campillo. En dehors de ses propres réalisations, il collabore aussi avec d’autres cinéastes comme Laurent Cantet ou encore Rebecca Zlotowski, notamment en co-signant leurs scénarios.

Avec 120 BATTEMENTS PAR MINUTE, Robin Campillo fait le récit des premières années de l’association militante Act-Up Paris, pionnière en matière de défense des droits des malades du Sida en France. À partir de 1989  – et à l’instar d’Act-Up à New York et à Boston -, cette association mène des actions coup de poing et médiatisées, afin de faire bouger les consciences politiques et de bousculer les lobbyings pharmaceutiques.

Le réalisateur connaît bien Act-Up puisqu’il a lui-même fait partie de l’association. Il porte ainsi à l’écran une histoire qui lui est proche, familière, sensible. Dans son film, ses personnages sont directement inspirés de personnes ayant réellement milité à l’association. 120 BATTEMENTS PAR MINUTE nous donne à voir Act-Up de l’intérieur : entre réunions hebdomadaires, organisation d’actions militantes et de manifestations, arrestations par la police, conflits en interne, relations amoureuses entre membres de l’association, colère, sourire, fêtes, et moments de profond ras-le-bol.

Le sujet du film est passionnant, car il vient rappeler à la mémoire de chacun à quel point les premières « années Sida » ont été une souffrance pour beaucoup : des malades mal considérés voire ignorés, des traitements tardivement mis sur le marché, des essais cliniques laborieux, et surtout une prise de conscience de la gravité de l’épidémie particulièrement tardive de la part des politiques et des nations.

Pourtant, 120 BATTEMENTS PAR MINUTE se perd en chemin à cause d’une mise en scène excessivement stylisée. De cette vraie bonne idée de départ qui consistait à montrer la vie à l’intérieur de l’association, Robin Campillo finit par gâcher en partie son sujet. Le cinéaste recherche trop souvent les effets de style, que ça soit par la musique qu’il découpe, qu’il ralentit, … ou par des effets visuels évasifs vaguement arty, mais qui ne font qu’ennuyer le spectateur.

D’autre part, la construction narrative du film est ultra répétitive : une séquence de réunion d’Act-Up / une action spectaculaire ou une manifestation des militants / une scène de sexe / une scène de boîte de nuit filmée au ralenti. Et on recommence.

On a du mal à saisir précisément le projet du film en terme de récit, si ce n’est de nous rendre un témoignage de ces premières années de lutte contre le Sida, et surtout contre les préjugés de la société. Mais malheureusement, le film tourne trop vite en rond.

Pourtant, 120 BATTEMENTS PAR MINUTE est porté par un casting absolument irréprochable, et qui d’ailleurs contribue largement à garder le contact avec le spectateur, à défaut que ça ne soit le récit lui-même qui le fasse. Si Adèle Haenel n’en finit plus de nous impressionner de par son aura naturelle et déconcertante, les révélations du film sont incontestablement Nahuel Pérez Biscayart et Arnaud Valois. Retenez bien ces noms !

120 BATTEMENTS PAR MINUTE reste évidemment un film fort, intense et prenant de par son sujet, l’importance vitale du combat qu’il relate, et par les fantômes qui l’habitent en quelque sorte. 
Malgré tout, le long-métrage de Robin Campillo peine à être véritablement le choc émotionnel auquel on pouvait s’attendre, et le cinéaste peut vraiment dire merci à ses acteurs qui tiennent à bout de bras leurs personnages avec un investissement et une implication qui finissent par emporter la mise.

Retrouvez les images de la présentation de 120 BATTEMENTS PAR MINUTE au Festival de Cannes 2017.

120 BATTEMENTS PAR MINUTE, sortie en France le 23 août 2017.

Article rédigé par Elle.

 

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4 commentaires

  1. Pour moi l’un des plus beaux films de 2017 que j’ai pu voir et en plus il est français. Alors oui il est peut être un peu long, les scènes de boite de nuit et de poussière sont répétitives, mais une fois arrivée au générique de fin, elles prennent tout leur sens.
    Ce film tel un coup de poing m’a laissée KO, abasourdie, dans le même état que la fin de Philadelphia..
    Je ne connais aucun acteur du film, mais ceux qui jouent Sean et Nathan sont saisissant de réalisme.

    Certaines scènes peuvent choquer, mettre mal à l’aise (je sais que je ne pourrais pas revoir la scène qui se déroule dans l’appart de Sean et Nathan)..

    • Salut Anne,

      Merci pour ton retour sur le film 120 BATTEMENTS PAR MINUTE, ton avis est très intéressant !
      Il est vrai qu’en dépit des défauts du film que j’évoque largement dans mon article, il y a des scènes très fortes et que l’on n’oubliera pas de sitôt, je suis d’accord avec toi sur ce point.

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