MAGIC MIKE, réalisé par Steven Soderbergh

Librement inspiré de la vie de l’acteur Channing Tatum qui tient ici le rôle principal, MAGIC MIKE nous entraîne dans le milieu du strip-tease masculin, ces soirées réservées aux filles, souvent l’occasion pour fêter des enterrements de vie de jeune fille ou simplement s’encanailler entre copines le temps de quelques verres autour de la scène (et le temps d’y laisser quelques dollars).

Mike est un garçon bien sous tous rapports, il travaille dur la journée sur des chantiers. Plein de projets en tête, il se désape le soir dans un club de Tampa en Floride, accompagné de ses collègues, en quête comme lui d’argent facile et rapidement gagné.

MAGIC MIKE est le second film de Steven Soderbergh qui sort sur nos écrans en cette année 2012. Après PIÉGÉE, le réalisateur s’attaque à un tout autre genre et à un tout autre sujet. Sur le papier, MAGIC MIKE a tout du vrai-faux prétexte à nous exhiber pendant un peu moins de deux heures des torses musclés et des fessiers rebondis. Mais derrière le côté clinquant et jubilatoire pour la gente féminine d’un tel scénario, il y a un projet un petit peu plus ambitieux que cela.

D’abord il y a la signature Soderbergh dans la réalisation. Une fois de plus, il met à profit son travail de mise en images si particulier, qui peut certes en agacer certains, mais qui ici se prête plutôt bien à recréer l’atmosphère floridienne. Le film a presque entièrement été tourné en utilisant un filtre jaune dans le but de rendre compte de la chaleur dans cette partie des États-Unis, mais ce procédé contribue également à donner un aspect sensuel voire sexy tout au long du film.

Ensuite, MAGIC MIKE se dôte d’atouts sérieux au niveau de son casting : Channing Tatum n’est pas un acteur que nous portons vraiment dans notre coeur pour son jeu, pourtant c’est peut-être ici un de ses meilleurs rôles parmi les films dans lesquels nous l’avons vu jusqu’à présent. Certes, ses expressions de visage restent vraiment très limitées, notamment dans les scènes intimistes, et Tatum patît définitivement d’un physique bien trop athlétique ; cependant, on le sent ici très impliqué dans son personnage, il donne beaucoup et réussit à quelques reprises à apporter ce supplément d’âme nécessaire à ce strip-teaseur bodybuildé et aux pectoraux saillants.

Mais celui dont il faut absolument parler, c’est Matthew McConaughey. Il incarne le patron de la boîte à strip-tease, le meneur de revue en quelques sortes, et toutes ses séquences sont de purs moments de jubilation absolue ! La quarantaine totalement assumée, McConaughey se lâche, se joue de sa plastique trop parfaite et pour laquelle il a souvent été moqué, et surtout compose un personnage désinhibé, drôle, loufoque dés qu’il monte sur la scène, et en même temps très attachant. Entouré de la jeune garde hollywoodienne en la personne de Channing Tatum ou encore Alex Pettyfer (le second rôle du film à qui Mike fait découvrir le strip-tease), McConaughey se fait le passeur de témoin, le patriarche protecteur qui montre la voie.

Enfin, l’autre atout du film se trouve dans la réalisation ultra rythmée et bien sentie de Steven Soderbergh pour tout ce qui concerne les nombreuses scènes de strip-tease. Le réalisateur a su allier une bande-son très entraînante et bien choisie, un travail chorégraphique millimétré et soigné, avec son sens de la mise en scène et de la mise en lumière que l’on lui connaît.

Pourtant en dépit de toutes ces qualités, MAGIC MIKE ne réussit son pari qu’à moitié. Avec un sujet de départ intéressant et finalement quasiment jamais abordé au cinéma (les films sur le strip-tease féminin sont légions, de SHOWGIRLS à STRIPTEASE justement, mais combien sur celui des garçons ?), et aux manettes un metteur en scène qui se prête plutôt bien au projet, ce long-métrage s’essoufle malheureusement au bout de 30 à 40 minutes, tout simplement faute d’avoir un scénario qui tienne la route. Car il ne suffit pas de s’appuyer sur le talent des comédiens qui font le show ou sur quelques répliques vraiment drôles, pour tenir en haleine le spectateur tout du long. Le film est incapable de passer la seconde et reste coincé dans les starting-blocks.

Il est vraiment dommage que les scénaristes n’aient pas su tirer profit du sujet principal pour y greffer une histoire un minimum pertinente et captivante, car Soderbergh a eu l’ingéniosité de trouver le ton juste pour évoquer le quotidien de ces hommes enclins à ôter leurs vêtements devant un parterre de filles surexcitées. MAGIC MIKE est à la fois plein d’humour, d’auto-dérision, mais jamais moqueur ou grivois. Servi par des comédiens qui ont su eux-mêmes se moquer de ce qu’ils sont et le faire avec beaucoup d’humilité et d’intelligence, ce long-métrage aurait pu être une pleine réussite si seulement on avait pensé à lui insuffler du rythme et une trame scénaristique qui fait ici cruellement défaut.

MAGIC MIKE, sortie en France le 15 août 2012.

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Article rédigé par Elle.

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