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Interview : Dunkakis, le Designer option Passion Basket

Quand on a créé cette Rubrique Sport sur le Blog, on a eu envie d’aller chercher ponctuellement des sujets et des actualités qui gravitent autour de nos sports favoris, ou encore de dresser le portrait d’un sportif atypique, parce que le sport ce n’est pas qu’une question de résultats, de chiffres, et de statistiques.

Découvrir des créatifs qui mettent en valeur leur(s) sport(s) préféré(s), en fait notamment partie. Quand on a vu la série de créations dédiées aux 30 franchises NBA réalisée par le Designer Dunkakis, on a d’abord adoré ! Et on a ensuite eu très vite envie d’en savoir un peu plus.
C’est ainsi que nous sommes allés discuter avec Stellios aka Dunkakis, pour mieux découvrir son travail, ses projets, et évidemment sa passion pour le Basket !

Entretien réalisé en mars 2018.

_ Commençons par faire les présentations. 
Qui es-tu, quel est ton parcours ?

Alors, je m’appelle Dunkakis mais en vérité c’est un petit mensonge puisque mon vrai prénom c’est Stellios et que j’ai 23 ans pour quelques semaines encore !
Pour ce qui est de mon parcours, j’ai un Bachelor Web. On m’a initialement formé au développement Web et à la conception de sites, et pendant mes études, j’ai voulu compléter mes compétences dans le Web en dédiant une grande majorité de mon temps libre à mon apprentissage du Digital Art. On a souvent tendance à penser que le graphisme et le Web-design sont deux choses qui vont de paire naturellement, alors que ce sont deux domaines très distincts pour moi. Pour résumé, j’ai fais mes classes en autodidacte dans le graphisme pendant mon alternance et ma scolarité de Web Designer.


Depuis combien de temps fais-tu du Design et de la création visuelle ?

Alors pour le Design, ça fait maintenant 4 ans, ma formation m’offrait la possibilité d’être un alternant 75% du temps, et au sein de cette alternance, j’avais la chance d’être dans une entreprise qui me laissait la liberté de montrer les compétences que je développais aussi bien comme graphiste que Web Designer. En terminant mon Bachelor, j’ai quitté cette société et j’ai décidé de devenir Freelance. Et cela fait bientôt deux ans que je dédie vraiment une grosse partie de mon temps libre à la conception de créations dans le domaine du Basket.


_ On te découvre ces jours-ci sur la toile & sur les réseaux par le biais de ta série de portraits de stars de la NBA.
Est-ce que tu peux nous parler un peu de ce projet ?

Ce projet était vraiment sympathique à réaliser. Je m’étais fixé comme objectif de représenter chaque franchise NBA avec un joueur des équipes actuelles, parce que je pense que certains supporters peuvent parfois se sentir délaissés. T’imagines un peu les gens qui supportent les Kings ou les Nets ? … Leurs chances de tomber sur du boulot en rapport avec leurs franchises de cœur sont quand même basses en comparaison aux autres, et je voulais faire cette collection pour ne laisser personne en dehors du délire. C’est normal pour nous, de concentrer parfois nos efforts sur des joueurs ou des franchises qui nous inspirent plus, ou qui touchent plus de gens, mais pas cette fois.

D’un point de vue créatif, je voulais voir si je pouvais tenir une ligne créative précise sans que ça se ressemble, qu’il y ait des variations, mais éviter qu’une fois réuni, le tout paraisse incohérent graphiquement.
Pour m’assurer de la cohérence finale, j’ai revu au cas par cas une fois que la collection était complétée, parce qu’au fil du temps, j’ai eu le sentiment que je peaufinais ma technique et que les créations initiales étaient moins qualitatives que les dernières, et c’était vraiment un sentiment agréable avec le recul.


_ Combien de temps cela t’a pris pour réaliser cette série autour de la NBA ?

 Il m’a fallu deux mois pour compléter cette série autour de la NBA. Le temps que j’ai pu passer sur chaque créa’ de cette série est assez variable : si j’ai de la chance et que je suis vraiment inspiré, je peux faire ça rapidement, en 3-4 heures. Mais parfois, ce n’est vraiment pas aussi facile parce que je ne suis pas du tout satisfait de mes premiers jets, et ça peut facilement devenir 7 ou 8 heures de travail quand je me mets à expérimenter ou à réfléchir.

À titre d’exemple, celle de LeBron James est une créa’ que j’ai reprise trois fois avant d’être satisfait ; il m’a fallu facilement deux jours de travail pour la finir, parce qu’au-delà de la réalisation de la créa’, il y a toujours la réflexion autour de chaque détail.


_ Parlons de ton style visuel assez singulier : les couleurs sont mises en avant, mais il y a aussi ces effets de mouvement particuliers, sur une base sombre souvent.
Comment t’es venu ce style ? Qu’est-ce qui t’a influencé ?
 
Ça va paraître un peu hors-sujet parce que mes influences n’ont quasiment aucun rapport avec le sport. Par exemple, je sais que j’avais en tête pas mal de cases des Comics de SPAWN que je lisais souvent quand j’étais ado, le style du dessin était assez particulier. Moi je ne dessine pas, du moins, ma technique de dessin est clairement à des années lumières d’être un tant soit peu du niveau d’un Todd McFarlane ou d’un Frank Miller.
J’adorais spécialement dans SPAWN la manière dont le dessinateur abordait toujours la déchirure des vêtements, des matières, ça donnait à mes yeux un aspect tellement surnaturel, vaillant, héroïque à un personnage pourtant aussi sombre et anti-héroïque que Spawn.


Le travail d’Enki Bilal aussi est une influence sous-jacente depuis longtemps pour moi, il avait une technique très abstraite, sombre, mais qui était d’une cohérence parfaite dans ses univers. Je me rappelle que j’étais toujours assez étonné de la manière dont il faisait ressortir les couleurs dans ses univers pourtant très ternes et sombres, c’était juste génial.

Après honnêtement, en terme d’inspiration, je pourrais en parler des heures : la musique, le cinéma … J’ai tellement été inspiré par des groupes comme Boards of Canada, Massive Attack, … Par exemple, c’est impensable pour moi de travailler sans musique, je hais le silence, et j’ai en mémoire un nombre incalculable de fois où j’ai pu mettre mes neurones en marche grâce à la musique quand il m’est arrivé de stagner sur une création. L’interprétation qu’on peut faire d’un morceau est tellement subjective quand on n’a pas un clip à se mettre sous la dent, c’est incroyable !

_ Pour cette série de 30 basketteurs pour les 30 franchises NBA, comment s’est passé concrètement le choix visuel pour chaque joueur ?
Tu travailles à partir d’une photo par exemple pour choisir la posture du joueur ?
 
C’est ça, dans le cadre de cette série je me suis servi de photos dans la majorité des cas pour bosser les postures et retravailler dessus.
Le choix à chaque fois se faisait en fonction du caractère du joueur : Steph Curry et James Harden, je voulais qu’ils aient l’air insolent par exemple ; LeBron James est une bête en sommeil, c’est un buffle, mais ses écarts sur un terrain de Basket se comptent sur une main, alors je voulais représenter ce coté un peu ‘terreur dormante’.
Shawn Kemp était bestial, son jeu était d’une violence terrible ; alors je me suis servi d’une photo assez connue de lui, et je l’ai retravaillée pour essayer d’accentuer ce coté bestial en utilisant les couleurs des Sonics de Seattle.


_ Pour les férus de technologie qui aimeraient savoir, tu as travaillé sur quel(s) logiciel(s) ?

Alors pour le coup, sur cette série, tout s’est fait avec Photoshop et Illustrator, ainsi que ma tablette graphique. Pour rentrer un peu plus dans le détail, j’ai travaillé des vecteurs de chaque joueur sur Illustrator, que j’ai ensuite réutilisés sur Photoshop pour arriver au résultat final. Quand on bosse avec un tas d’effets, de calques, de réglages, et qu’on peut modifier la base de son travail via un simple vecteur grâce à Illustrator, ça aide quand même vraiment.

 

_ Au vue de tes réalisations, on suppose que tu dois faire partie de la communauté des passionnés de Basket et de NBA.
Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ? Ça a commencé comment pour toi avec la NBA ?

Passionné de Basket, c’est un euphémisme ! … Coté USA, le déclic NBA pour moi ne s’est même pas fait via un match. Il s’est fait à l’occasion du concours de dunk du All Star Game de l’année 2000, et le basketteur emblématique qui l’a marqué : Vince Carter. À l’époque j’avais quoi, 6 ans, 7 ans … C’était incroyable !
Cela dit, j’étais pas encore un fan de NBA. C’est trois ans plus tard que je suis vraiment tombé dedans avec l’arrivée de LeBron James. En France j’avais pas encore conscience de la hype qui entourait son arrivée, mais j’étais déjà charmé, il était très jeune et déjà excellent. À partir de là, j’ai décidé de supporter les Cavs de Cleveland  pour le meilleur … et pour le pire. Deux ans après, en 2005, la Grèce gagnait l’Euro Basket : bon bah là c’était acté, plus rien ne pouvait m’empêcher d’être lié au Basketball pour la vie ! …


_ Tu es d’origine grecque, et c’est peu dire qu’il y a une passion toute particulière pour le Basket en Grèce ! …
Comment tu décrirais cet engouement à une personne totalement novice ?


Le football reste bien évidemment le sport le plus populaire en Grèce, mais le Basket se situe juste derrière. La Grèce a eu beaucoup de succès européens en Basket, que ce soit par le biais des grands clubs grecs ou de l’Équipe Nationale. Ceux qui ne sont pas immergés dans l’univers du Basket, connaissent quand même les grands joueurs emblématiques de l’histoire du Basketball grec : Gális, Diamantídis, Spanoúlis, Yannákis, et maintenant Antetokoúnmpo. Actuellement en Grèce, nul autre sportif n’a l’aura ou la notoriété qu’a le Greek Freak, tous sports confondus.
Il y a aussi l’héritage qu’a laissé Níkos Gális en étant l’un des joueurs les plus dominants du Basket européen, les titres européens de 1987 puis de 2005 … Ensuite depuis 1996, neuf titres d’EuroLigue ont été partagés entre le Panathinaïkós et l’Olympiakós, donc le développement du Basket a vraiment été facilité par tous ces succès et la belle génération de basketteurs grecs des années 2000. Je parle d’héritage parce que la Grèce a eu des générations dorées de basketteurs depuis 30 ans et c’est une continuité qui, je pense, n’existe ni dans le foot, ni dans un autre sport en Grèce, tout du moins, pas à ce niveau constant d’excellence.
L’engouement autour du Basket grec est très important lors des compétitions internationales car il y a une sorte de fierté : en Grèce on sait très bien que l’équipe la plus crainte dans son domaine n’est pas celle du foot (malgré la surprise de 2004), mais bien l’Équipe de Basket qui s’est construite une réputation de nation à ‘éviter’ dans les compétitions depuis une bonne vingtaine d’années.


_ En tant que fan assidu, quelle est ton opinion sur la grande League américaine de Basket à notre époque ?

Je suis assez content de l’évolution de la League globalement, elle étend son influence dans le monde d’année en année, et c’est quelque chose de bien.

D’un point de vue éthique, c’est l’une des Leagues sportives les plus ouvertes et les plus engagées parce que ses acteurs sont vraiment décidés à avoir un rôle. L’évolution du jeu est clairement bonne, on voit de plus en plus de joueurs polyvalents, puisque le tir à 3 pts est devenu très dominant ; néanmoins les postes 4 ou 5 qui n’ont pas la capacité de shooter convenablement sont tout de même très désavantagés.
Depuis que les Warriors de Golden State ont décidé de drafter deux shooters qui vont finir dans le Top 5 All Time des shooters sans aucun risque (- et l’un des deux est vraiment prêt à occuper le spot numéro 1 -), tout a changé ; mais je regrette tout de même que le jeu physique se soit un peu perdu. Je ne parle pas de dirty play, je parle de contact : aujourd’hui les arbitres – sous l’égide de la NBA – ont pour consigne de siffler au moindre contact et je trouve que ça vient égratigner la compétitivité, la hargne d’un système défensif, ça provoque moins d’adrénaline ! … Après, je n’appelle pas à ce qu’on laisse les joueurs se blesser entre eux, mais c’est parfois frustrant de voir des fautes sifflées pour des poussières de contact.

 

_ Quels sont les joueurs NBA pour lesquels tu te dis qu’on a vraiment de la chance d’être vivants en même temps qu’eux pour les voir évoluer sous nos yeux de passionnés ?

J’ai vécu la majeure partie de la carrière de Kobe Bryant, que c’était bon ! Mais Kobe Bryant (comme LeBron James) était très dominant, et j’ai le sentiment que les joueurs qui sont aussi dominants s’attirent parfois la foudre de certains supporters. C’est dommage parce que Kobe Bryant, comme LeBron James, comme Steph Curry plus récemment, sont tous des joueurs qui ont eu & auront une influence de dingue sur la League ! À la fin de la carrière de LeBron James et de Steph Curry, on se rendra vraiment compte de ce qui est passé sous nos yeux, et ce serait dommage de se dire qu’on ne l’a pas apprécié.
Après honnêtement, heureusement qu’on ne parle que des joueurs actuels, parce que si on jette un coup d’œil dans le rétroviseur, ça fait peur ! … Parmi les jeunots de la League, je pense qu’on doit faire très attention à Giánnis Antetokoúnmpo, à Joel Embiid et à Anthony Davis, parce qu’à mon avis, ce sont des joueurs dont on pourra bientôt dire la même chose. 

 

_ Deux dernières questions pour finir :
Côté création, quels sont tes projets immédiats ?

Coté création, j’ai décidé de ralentir un peu ! … Je suis en train de préparer le projet « The Playground » avec une petite équipe de dix créatifs et dix rédacteurs. Ce sera un webzine collaboratif dédié au Basketball ; et j’ai eu de la chance parce qu’au moment de présenter ce projet, il y a eu vraiment beaucoup de gens partants ! Du coup je n’ai pas pu prendre tout le monde, mais je me suis retrouvé avec des acteurs de la communauté Basket française très motivés et très sympathiques, et c’est juste un plaisir de mettre ça en place avec eux !
Le but du jeu pour « The Playground », c’est d’aborder le Basketball avec des sujets plus ou moins intemporels, en laissant les créatifs qui participeront décider de la manière dont ils illustreront chaque article et chaque sujet.
Ce sera un moyen de mettre en avant le boulot de passionnés qui impactent la communauté d’une manière différente, que ce soit par le biais d’un clavier, d’un stylet, d’un stylo, de mots, ou d’un appareil photo. Pour le moment, le rythme de publication sera trimestriel, mais on verra par la suite, qui sait ? …


Pour en revenir à la création, je vais ralentir un peu la cadence mais j’ai quelques projets en tête que j’aimerais commencer bientôt, comme une collection de refontes des logos de la NBA, ou un travail sur les légendes de la NBA en abordant plusieurs techniques … En tout cas je ne manque pas d’idées, c’est juste que vingt-quatre heures c’est vraiment trop court dans une journée !

 

_ Qui vois-tu gagner le Titre pour cette Saison NBA 2017/2018 ?
(Attention, ça sera gravé de manière irréversible …)

En bon supporter des Cavs, mon cœur me pousse à croire à un 4ème titre pour LeBron James ; par contre la raison me laisse penser que les Warriors restent de gros clients.
Les Rockets sont très solides cette saison et je pense que l’opposition entre eux & les Warriors – si ça arrive en Playoffs – sera énorme à voir ! Étant donné que je ne peux pas me décider entre Warriors et Rockets, je vais rester sur mon amour aveugle pour Cleveland et je vais dire « Go Cavs ! ». Même pas peur ! 😉


Pour découvrir l’ensemble des créations de Dunkakis : site officiel

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Nous remercions Stellios pour sa grande disponibilité & son enthousiasme accordés à la réalisation de cet entretien.

Interview réalisée par Elle.
Article rédigé par Elle.

Tous les Visuels : Copyright Dunkakis. Ne pas reproduire sans autorisation préalable de leur auteur.
Exceptés Visuels SPAWN & LE SOMMEIL DU MONSTRE (Enki Bilal) : Source Internet.

 

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