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OH LUCY ! : si tu savais, tout le bien que tu nous fais …

Atsuko Hirayanagi est la réalisatrice japonaise du film dramatico-comique OH LUCY !. Après avoir passé son enfance au Japon, cette passionnée de cinéma finit par partir à Los Angeles, où elle découvre la culture occidentale.
C’est dans le cadre de ses études de cinéma que Atsuko écrit OH LUCY !, qui est à l’origine un court-métrage en 2012. D’abord perplexe à l’idée d’en faire un long, la jeune cinéaste a tout de même fini par sauter le pas, et à sortir ainsi son tout premier film sur grand écran. Réalisation japonaise/américaine, nul doute que OH LUCY ! (en lice pour la Caméra d’Or au Festival de Cannes 2017) saura rassembler les deux peuples.

Setsuko, une japonaise dépressive et célibataire, mène une vie sans saveur à travers les rues de Tokyo. Sa vie prend un nouveau souffle lorsqu’à la demande de sa nièce Mika, elle va la remplacer pour prendre des cours d’anglais plutôt atypiques. Au-delà de l’apprentissage d’une langue, elle y découvre une nouvelle culture et des émois amoureux envers John, son professeur d’anglais. Lorsque ce dernier & Mika disparaissent, Setsuko s’envole direction Los Angeles  pour un roadtrip survolté à leur recherche !

Toute l’histoire de ce film d’auteur japonais repose sur le mélange de la culture occidentale et nippone, et le choc culturel qui en résulte : la retenue naturelle des japonais, face à l’excentricité des américains. L’expression des sentiments est un point important dans la différence de ces deux cultures, et la réalisatrice a souhaité mettre l’accent sur ce sujet avec beaucoup d’humour.
En effet, les japonais sont plutôt réfractaires à toute forme de contact physique, et préfèrent garder  – disons – une ‘distance de sécurité’.  Tandis que les américains – et plus généralement les occidentaux – sont plus chaleureux, ne portent pas de masque, et n’hésitent pas à afficher leurs sentiments.

Ce contraste culturel donne lieu à une mise en scène assez clichée de la rencontre entre le professeur et son élève. Une rencontre qui va permettre à Setsuko de se libérer, de laisser parler sa personnalité, ce qu’elle s’empêche de faire face à une société nippone aseptisée et dans un travail peu épanouissant.

Pour optimiser au mieux l’apprentissage de la langue et mettre à l’aise son élève, le professeur John a alors recours à des jeux de rôles, et demande à Setsuko d’adopter une nouvelle personnalité : elle s’appellera désormais Lucy ! Le port d’une perruque et l’utilisation de divers accessoires vont donner à ces cours de langue des allures de colonie de vacances. 🙂 Atsuko Hirayanagi nous offre ainsi dans la première partie de son film des scènes cocasses et très drôles !

Ces soudaines marques d’affection auxquelles Setsuko n’est pas habituée, la font rapidement tomber sous le charme de son professeur, telle une adolescente au collège (en même temps, qui ne succomberait pas aux beaux yeux de Josh Hartnett, hein ? …)

Cette ambiance légère sur la découverte de l’autre, laisse bientôt place à des scènes beaucoup plus dramatiques, et ce, dès le départ de Setsuko vers l’autre bout du monde. À commencer par la relation très conflictuelle avec sa sœur, la mère de Mika. Si leur relation peut mettre en péril leur mission sur le sol américain, elle leur permet néanmoins de paraître plus humaines aux yeux des spectateurs.
Qui n’a jamais été en conflit avec son frère ou sa sœur ? Ce sont les seuls sentiments que les deux japonaises s’autorisent à dévoiler aussi bien en privé qu’en public. Les deux sœurs arriveront-elles à passer outre leurs divergences, pour le bien de Mika ? …

Ce scénario tout en retenu et finesse est servi par un casting de choix et des interprètes inspirés, à commencer par – le trop sous-estimé – Josh Hartnett, qui après avoir travaillé sur des grosses productions américaines comme PEARL HARBOR ou LA CHUTE DU FAUCON NOIR, s’est plutôt recentré sur des films indépendants (et donc malheureusement moins remarqués).

OH LUCY ! est également l’occasion de retrouver l’actrice japonaise Shinobu Terajima, déjà vue dans LE SOLDAT DIEU, et de découvrir la jeune Shiori Kutsuna qui vient de tourner dans le très attendu DEADPOOL 2 !

Comme tout bon film japonais, OH LUCY ! est l’occasion d’apprécier des performances d’acteurs & d’actrices toute en finesse, où les regards et les gestes discrets valent bien plus que des mots.
Malgré quelques longueurs et une Amérique un peu trop idéalisée, ce film signe des portraits réussis de femmes attachantes, et porte un joli message sur l’ouverture à l’autre et aux différentes cultures.

OH LUCY !, sortie en France le 31 janvier 2018.

Article rédigé par Julie.

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